Philippe Sarre, né le 15 septembre 1951 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français, membre du Parti socialiste. Instituteur puis directeur d'école, il est maire de Colombes de 2008 à 2014, à la tête d'une liste d'union de la gauche qui bat la maire sortante, Nicole Goueta. Il est battu par elle en 2014. Il a aussi été conseiller général de 2004 à 2008 et premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste des Hauts-de-Seine de 2012 à 2015.[1]

Biographie modifier

Origines et métier modifier

Philippe Léon André Sarre naît à Neuilly-sur-Seine. Instituteur à Nanterre, il devient directeur d'école à Colombes en 1990. Syndicaliste au SGEN-CFDT, il adhère au Parti socialiste en 1991. Il prend sa retraite de l'Éducation nationale lorsqu'il est élu maire, en 2008.[1]

Parcours politique jusqu'en 2008 modifier

Élu conseiller municipal en 1995, Philippe Sarre est adjoint chargé de l'enfance dans la municipalité communiste de Dominique Frelaut jusqu'en 2001. Après la victoire de Nicole Goueta cette année-là, il siège dans l'opposition.[1]

Élu conseiller général du canton de Colombes-Nord-Ouest le 28 mars 2004, il suit notamment les dossiers du sport, de la jeunesse, de l'éducation, de la politique de la ville et du logement. Il démissionne du conseil général le 10 décembre 2008, en raison de son opposition au cumul des mandats ; l'élection partielle de mars 2009 est remportée par le socialiste Bernard Lucas.[1][2][3]

Maire de Colombes (2008-2014) modifier

Élection de 2008 modifier

Le 16 mars 2008, la liste d'union de la gauche qu'il conduit (PCF, PS, Verts, PRG et MRC) l'emporte au second tour avec 53,6 % des voix face à celle de la maire sortante, Nicole Goueta (UMP). Philippe Sarre prend ses fonctions de maire le 21 mars 2008.[1]

Action municipale modifier

  • Vie démocratique. Les séances du conseil municipal sont retransmises en ligne.[1]
  • Sécurité. La police municipale ne porte plus d'armes à feu à partir de 2008.[4] En septembre 2013, en visite à Colombes, le ministre de l'Intérieur annonce le classement du quartier du Petit-Colombes en zone de sécurité prioritaire.[5] Le maire propose aussi d'expulser des logements sociaux les familles impliquées dans le trafic de drogue.[6]
  • Lieu de culte. En 2012, la municipalité fait fermer un lieu de culte évangélique jugé non conforme aux règles de sécurité ; la fermeture est contestée par ses fidèles.[7][8]
  • Grand Paris. Il entre en novembre 2010 au bureau de Paris Métropole, après avoir siégé à sa commission du logement, où il a notamment travaillé sur l'habitat indigne.[9]
  • Projets non aboutis. La Fédération française de handball renonce en 2013 à s'installer au Stade Yves-du-Manoir.[10] Philippe Sarre plaide aussi pour l'enfouissement de l'autoroute A86 et pour la reconquête des berges de la Seine.[11]

Affaire de la domiciliation de Rama Yade modifier

En novembre 2011, Philippe Sarre affirme que Rama Yade, alors conseillère municipale d'opposition, « n'est pas régulièrement inscrite » sur les listes électorales de Colombes : d'après des documents en sa possession, elle ne réside pas à l'adresse indiquée. Il précise que la commission de révision électorale pourrait la radier à la mi-décembre et dément mener « une chasse anti-Rama Yade ».[12] Il signale la situation au parquet.[13]

Poursuivie pour faux, usage de faux et inscription indue sur une liste électorale, Rama Yade est relaxée par le tribunal correctionnel de Nanterre en 2013 ; le tribunal retient notamment qu'elle avait bien loué un appartement à Colombes en décembre 2011.[13]

Par ailleurs, Rama Yade est condamnée pour diffamation envers Philippe Sarre : en novembre 2012, à lui verser 2 000 euros pour avoir évoqué une « surveillance politique » par des agents municipaux ; le 4 décembre 2013, à 2 000 euros d'amende et 4 000 euros de dommages et intérêts pour avoir dénoncé, sur son blog après le premier tour de l'élection présidentielle de 2012, des « fraudes électorales massives » à Colombes.[14][15]

Élections de 2014 modifier

Le 30 mars 2014, la liste de Philippe Sarre est battue au second tour par celle de Nicole Goueta : 12 990 voix (47,63 %) contre 14 282 (52,36 %). La gauche obtient 12 sièges, contre 41 à la liste de la maire sortante.[16]

Second tour des élections municipales de 2014 à Colombes
Liste Tête de liste Voix % exprimés Sièges
« Tous pour Colombes » Nicole Goueta 14 282 52,36 % 41
Liste de la gauche Philippe Sarre 12 990 47,63 % 12

Participation : 60,07 % des 47 229 inscrits ; 27 272 suffrages exprimés.[16]

Après 2014 modifier

Dès juin 2014, l'ancien maire annonce qu'il « repart au combat ».[17] Il préside le groupe socialiste au conseil municipal. Candidat aux élections départementales de 2015 dans le canton de Colombes-1 avec Fatoumata Sow, il est battu au second tour par Nicole Goueta et Sébastien Perrotel (54,10 % des voix pour ces derniers).[1][18]

Premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste des Hauts-de-Seine depuis novembre 2012, élu avec 49,43 % des voix au premier tour du vote des militants, il annonce le 2 juin 2015 qu'il ne sollicitera pas un nouveau mandat. Il est aussi membre du conseil national et du bureau national du Parti socialiste.[19][20]

Il ne figure pas parmi les élus du conseil municipal de la mandature 2020-2026.[21]

Distinctions modifier

  • Chevalier des Palmes académiques.[1]
  • Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 12 juillet 2013 (Journal officiel du 14 juillet 2013), au titre du ministère de l'Intérieur.[22]

Vie personnelle modifier

Philippe Sarre est marié et père de deux enfants.[1]

Fonctions principales modifier

Fonction Période
Conseiller municipal de Colombes, adjoint chargé de l'enfance 1995-2001
Conseiller municipal de Colombes (opposition) 2001-2008
Conseiller général des Hauts-de-Seine (canton de Colombes-Nord-Ouest) 2004-2008
Maire de Colombes 2008-2014
Premier secrétaire de la fédération PS des Hauts-de-Seine 2012-2015
Conseiller municipal de Colombes (opposition), président du groupe socialiste 2014-2020

Voir aussi modifier

Références modifier

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 et 1,8 « Philippe Sarre », Wikipédia, notice biographique : état civil, métier, mandats, résultats de 2008, bilan municipal.
  2. ↑ « Philippe Sarre démissionne du conseil général », Le Parisien, 11 décembre 2008.
  3. ↑ « Le socialiste Bernard Lucas élu conseiller général », Le Parisien, 16 mars 2009.
  4. ↑ Matthieu Pelloli, « Suppression des armes à feu pour les policiers municipaux », Le Parisien, 20 juin 2008.
  5. ↑ « A Colombes, Valls annonce la création d'une nouvelle ZSP », BFMTV, 5 septembre 2013.
  6. ↑ Corentin Dautreppe, « Le maire PS de Colombes, Philippe Sarre, veut expulser des logements sociaux les familles qui se livrent au trafic », Europe 1, Le Lab.
  7. ↑ « Colombes : l'église évangélique insalubre est jugée hors la loi », Le Parisien, 18 avril 2012.
  8. ↑ Clea Caulcutt, « Evangelicals accuse French officials of discrimination », GlobalPost, 1er juillet 2012, republié par The World (en anglais).
  9. ↑ « Philippe Sarre au bureau de Paris Métropole », Le Parisien, 10 novembre 2010 (article retiré du site du journal ; copie de l'Internet Archive).
  10. ↑ Philippe Sarre, « Le handball renonce à Yves-du-Manoir », Mosaïque, journal de la ville de Colombes, no 47, mai 2013, p. 3.
  11. ↑ « Interview de Philippe Sarre, maire de Colombes : “Nous avons demandé que l'A86 soit enfouie pour rendre nos berges accessibles” », Au fil de la Seine no 42, 2011, p. 24-25 (copie de l'Internet Archive).
  12. ↑ « Rama Yade pourrait être radiée des listes électorales (maire PS de Colombes) », Dakaractu (dépêche), 30 novembre 2011.
  13. ↑ 13,0 et 13,1 « Rama Yade espionnée et relaxée », Seneweb, 2013.
  14. ↑ « Rama Yade de nouveau condamnée pour diffamation », jeanmarcmorandini.com, 4 décembre 2013.
  15. ↑ « Rama Yade, la jeune maman, encore condamnée pour diffamation », Purepeople, 4 décembre 2013.
  16. ↑ 16,0 et 16,1 « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Colombes », ministère de l'Intérieur, archives des résultats électoraux.
  17. ↑ « Philippe Sarre ex maire de Colombes : « Je repars au combat » », Le Parisien, 5 juin 2014.
  18. ↑ Résultats des élections départementales de 2015, canton de Colombes-1, second tour, données ouvertes du Département des Hauts-de-Seine : binôme Goueta–Perrotel 8 213 voix, binôme Sarre–Sow 6 968.
  19. ↑ « Philippe Sarre : nouveau patron du PS 92 », UDESR 92, 17 novembre 2012 (copie de l'Internet Archive).
  20. ↑ « Politique : le socialiste Philippe Sarre n'est pas candidat à sa succession », Le Parisien, 2 juin 2015.
  21. ↑ Élus 2020-2026, WikiColombes, d'après le Répertoire national des élus du ministère de l'Intérieur.
  22. ↑ « Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination », Journal officiel de la République française no 0162, 14 juillet 2013, texte no 4.

Liens externes modifier