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Lycée Guy de Maupassant

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Le lycée Guy-de-Maupassant est le lycée public d'enseignement général et technologique de Colombes. Ouvert en 1965 sous le nom de lycée Robert-Schuman, il occupe le 52 de la rue Robert-Schuman, dans le nord de la commune, et accueille à la rentrée 2025 un peu plus de mille cent élèves[1][2].

Son bâtiment d'origine, de type « Pailleron », a été ravagé par un incendie volontaire dans la nuit du 1er au 2 décembre 1992, sans faire de victime. Reconstruit en quelques semaines, l'établissement a ensuite pris le nom de l'écrivain Guy de Maupassant, la rue conservant pour sa part celui de Robert Schuman.

Le lycée en bref
Type Lycée public général et technologique
Ouverture 1er mai 1965
Ancien nom Lycée Robert-Schuman
Adresse 52, rue Robert-Schuman
Académie Versailles
Code UAI 0920137Z
Élèves 1 109 (rentrée 2025)
Filières Générale, STMG, ST2S

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Le lycée Robert-Schuman (1965-1992)[modifier | modifier le wikicode]

L'établissement ouvre le 1er mai 1965[1]. Il porte alors le nom de Robert Schuman et relève, comme l'ensemble des lycées, de la Région d'Île-de-France depuis les lois de décentralisation.

Son bâtiment appartient au type dit « Pailleron » — une construction métallique industrialisée, largement employée pour les établissements scolaires français des années 1960. Ce procédé doit son surnom au collège Édouard-Pailleron de Paris, dont l'incendie de 1973 fit vingt morts et conduisit à durcir les règles de construction scolaire. Plusieurs bâtiments de ce type ont brûlé par la suite, sans faire de victimes : Canteleu en 1974, Colombes en 1992, Royan en 1999[3].

L'incendie de décembre 1992[modifier | modifier le wikicode]

Le feu se déclare le 1er décembre 1992 et ravage l'établissement au cours de la nuit[4][5]. L'incendie ne fait aucune victime[3], mais prive de locaux le millier d'élèves que compte alors le lycée[5].

L'enquête conclut à un acte volontaire. Deux jeunes gens sont interpellés à la fin du mois de décembre et présentés comme les auteurs présumés des faits : selon les éléments rapportés alors par la presse, l'un d'eux se serait vu refuser une inscription dans l'établissement à la rentrée précédente, et les deux seraient entrés par une fenêtre entrouverte avant de mettre le feu à deux salles[4][n 1].

Le sinistre a donné lieu à un contentieux : les Archives départementales des Hauts-de-Seine conservent, sous la cote 2307W86, un rapport d'expertise de 1996 intitulé « Sinistre incendie du 2/12/1992 au lycée Robert Schuman de Colombes »[6].

La reconstruction[modifier | modifier le wikicode]

Dès le 3 décembre 1992, le conseil régional d'Île-de-France, présidé par Michel Giraud, engage une opération de relogement des élèves sur le site même. Un appel d'offres passé en procédure d'urgence porte sur cinquante-cinq salles banalisées, huit salles spécialisées, cinq salles informatiques et un bloc sanitaire. La Région s'engage à réinstaller l'ensemble des élèves en janvier 1993 ; le marché est confié à l'entreprise landaise Dossé Constructeur, qui mobilise son personnel pendant la période des congés de fin d'année[5].

Le changement de nom[modifier | modifier le wikicode]

L'établissement porte aujourd'hui le nom de Guy de Maupassant, tandis que la voie qui le dessert a conservé celui de Robert Schuman. La date exacte de ce changement n'a pu être établie à partir des sources consultées : la presse nationale et régionale disponible en ligne ne l'évoque pas, et le site de l'établissement ne retrace pas son histoire[n 2].

L'établissement aujourd'hui[modifier | modifier le wikicode]

Le lycée accueille 1 109 élèves à la rentrée 2025. Il prépare à la voie générale et à deux séries technologiques, STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) et ST2S (sciences et technologies de la santé et du social)[2] :

Effectifs par niveau, rentrée 2025
Niveau Élèves
Seconde générale et technologique 355
Première générale 204
Première STMG 86
Première ST2S 58
Terminale générale 270
Terminale STMG 90
Terminale ST2S 46
Total 1 109

L'anglais est langue vivante 1 pour la totalité des élèves ; l'espagnol domine largement en langue vivante 2, devant l'allemand[2]. L'établissement comporte une section européenne, propose des formations post-baccalauréat, dispose d'un service de restauration sans internat, et accueille une antenne du Greta[1].

Un établissement sous tension[modifier | modifier le wikicode]

La saturation et le second lycée[modifier | modifier le wikicode]

Colombes ne compte qu'un seul lycée public d'enseignement général et technologique pour une commune de plus de quatre-vingt mille habitants, ce qui pose de façon récurrente la question des capacités d'accueil.

En juillet 2023, la municipalité reproche publiquement au conseil régional d'Île-de-France, présidé par Valérie Pécresse, de renoncer au projet d'un second lycée public dans la ville[7]. Le sujet resurgit à l'été 2025 : Le Parisien rapporte que plusieurs centaines d'élèves de troisième des Hauts-de-Seine, dont des Colombiens, se retrouvent sans affectation en seconde générale à l'approche de la rentrée[8].

Incidents et mobilisations[modifier | modifier le wikicode]

L'établissement a connu au tournant des années 2020 une série d'incidents relayés par la presse locale. En décembre 2022, un tir de mortier d'artifice dans le hall conduit à interrompre les cours[9]. En septembre 2023, une nouvelle série de faits — tirs de mortier sur la façade, alertes à la bombe, départs de feu — marque la rentrée[10]. La sécurité de l'établissement est renforcée en octobre[11], tandis que l'Union des parents indépendants de Colombes organise un rassemblement devant la mairie pour dénoncer la situation[12].

Ces épisodes s'inscrivent dans un climat social plus large : en février 2023, environ deux cents personnes, enseignants en grève et parents d'élèves, manifestent à Colombes contre les moyens alloués à l'éducation[13].

Archives[modifier | modifier le wikicode]

Les Archives départementales des Hauts-de-Seine conservent deux ensembles relatifs à l'établissement :

  • 1850W1 à 1850W9 — comptabilité du lycée, 1974-1995 : bourses, états de liquidation, comptes financiers des établissements dont le lycée est agent comptable[14] ;
  • 2307W86 — rapport d'expertise de 1996 sur le sinistre de décembre 1992, dans le fonds des affaires juridiques départementales[6].

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Sur Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Les personnes mises en cause en 1992 ne sont pas nommées ici : elles n'étaient alors que présumées auteurs des faits, et la suite judiciaire de l'affaire n'est pas documentée par les sources consultées.
  2. ↑ Les archives de la presse quotidienne régionale consultées ne sont indexées qu'à partir de 2000 pour les titres franciliens, ce qui laisse hors de portée la période 1993-1999.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 Annuaire de l'éducation, ministère de l'Éducation nationale, fiche de l'établissement 0920137Z.
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 Effectifs des lycées d'enseignement général et technologique, ministère de l'Éducation nationale, rentrée 2025.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Incendie du collège Édouard-Pailleron, Wikipédia en français.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Un acte de vengeance », Sud Ouest, 24 décembre 1992, consulté via Europresse.
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Communiqué publicitaire de l'entreprise Dossé Constructeur, Sud Ouest, 13 février 1993, consulté via Europresse. S'agissant d'un encart promotionnel, les éléments qui en sont tirés sont attribués à leur auteur.
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Sinistre incendie du 2/12/1992 au lycée Robert Schuman de Colombes, cote 2307W86, Archives départementales des Hauts-de-Seine, via FranceArchives.
  7. ↑ « La région dit non au projet de second lycée public », Le Parisien, 4 juillet 2023, consulté via Europresse.
  8. ↑ Marjorie Lenhardt, « Le SOS des collégiens sans place au lycée » et « Hauts-de-Seine : plusieurs centaines d'élèves de 3e sans affectation en seconde générale », Le Parisien, 3 et 4 juillet 2025, consultés via Europresse.
  9. ↑ Olivier Bureau, « Le lycée Maupassant au bord de la rupture », Le Parisien, 2 décembre 2022, consulté via Europresse.
  10. ↑ Olivier Bureau, « Colombes : tirs de mortier, incendie, cours suspendus… Le lycée Maupassant déjà au bord de l'implosion », Le Parisien, 30 septembre 2023, consulté via Europresse.
  11. ↑ Olivier Bureau, « La sécurité du lycée Maupassant renforcée », Le Parisien, 12 octobre 2023, consulté via Europresse.
  12. ↑ « Lycée Maupassant : les parents crient leur exaspération », Le Parisien, 19 octobre 2023, consulté via Europresse.
  13. ↑ « Parents et professeurs dénoncent la "grande braderie" de l'éducation », Le Parisien, 17 février 2023, consulté via Europresse.
  14. ↑ Lycée général et technologique Guy de Maupassant (52 rue Robert Schuman à Colombes), cotes 1850W1-1850W9, Archives départementales des Hauts-de-Seine, via FranceArchives.