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Jeux olympiques de 1924 à Colombes

De WikiColombes

Les Jeux olympiques de 1924 à Colombes désignent l'ensemble des épreuves, des cérémonies et des installations des Jeux de la VIIIe olympiade installées à Colombes lors des Jeux de Paris. Le stade de Colombes (aujourd'hui Stade Yves-du-Manoir) est le stade principal de ces Jeux : il accueille les cérémonies d'ouverture, le 5 juillet 1924, et de clôture, le 27 juillet, ainsi que l'athlétisme, la finale du tournoi de football, le rugby, le tennis et la gymnastique. À côté du stade est aménagé le premier village olympique de l'histoire.[1][2][3][4]

Cent ans plus tard, le stade est le seul site français de 1924 à accueillir de nouveau des épreuves olympiques, avec le hockey sur gazon : voir Stade Yves-du-Manoir et Jeux olympiques de 2024 à Colombes.

Le choix de Colombes[modifier | modifier le wikicode]

Paris obtient les Jeux de 1924 lors du congrès de Lausanne, en juin 1921. Plusieurs sites sont envisagés pour le stade olympique (Vaugirard, Pershing, Bagatelle, le Champ-de-Mars, La Courneuve), mais c'est Colombes qui l'emporte.[2] Le terrain y est alors un équipement sportif ancien : un hippodrome depuis 1883, devenu en 1907 le « stade du Matin », d'une capacité de 20 000 spectateurs. Le Racing Club de France s'y installe en 1920.[5][4]

Le 11 avril 1922, le Racing propose de construire « un stade olympique de 60 000 places », financé par un pourcentage des recettes. L'architecte Louis Faure-Dujarric, lauréat du concours du Comité olympique français en février 1922, dirige le chantier.[2]

Le stade de 1924[modifier | modifier le wikicode]

Les travaux se déroulent en plusieurs étapes : les parties latérales de la tribune d'honneur entre août et octobre 1922, la piste de novembre 1922 à mars 1923, la tribune du Marathon en juin 1923. L'ensemble est inauguré le 1er janvier 1924.[5]

Le stade mesure 243 mètres de long sur 161 de large, avec une piste ovale de 500 mètres entièrement ceinturée de gradins.[5] Sa capacité est de 60 000 spectateurs selon l'Inventaire d'Île-de-France et Wikipédia,[5][1] mais de 45 000 places, dont 20 000 assises, selon la Ville de Paris et le CIO.[4][3] L'exposition de la préfecture d'Île-de-France souligne que le projet est « bien plus modeste que les espérances initiales », avec un budget limité à environ 4 millions de francs : « Colombes n'est qu'un aménagement de gradins en bois ».[6]

Le premier village olympique[modifier | modifier le wikicode]

Pour la première fois, des logements sont construits pour les athlètes à proximité du stade. Les baraques en bois s'élèvent boulevard de Valmy, près du stade de Colombes.[7] Conçu par Louis Faure-Dujarric en février 1923, le village s'étend sur un terrain de 150 mètres sur 60 et compte 66 baraquements de bois.[6] Selon le CIO, ces maisons mobiles disposent de l'eau courante, et le village comprend un bureau de poste, un bureau de change, un salon de coiffure et un restaurant.[3] La nuit coûte 30 francs par personne, et la pension complète 25 francs, avec trois repas par jour.[7]

Le CIO écrit que tous les athlètes y séjournent, alors que l'exposition de la préfecture précise que les femmes n'y sont pas logées et résident séparément des hommes, ce qui reste le cas jusqu'aux Jeux de Melbourne en 1956.[3][6] Le village ne laisse aucune trace aujourd'hui.[4] La Ville de Colombes le présente comme « le premier village olympique officiel de l'histoire ».[2]

Les cérémonies[modifier | modifier le wikicode]

La cérémonie d'ouverture a lieu le 5 juillet 1924. Le président de la République Gaston Doumergue ouvre les Jeux.[1] La Marseillaise est entonnée par 500 choristes, accompagnés d'orchestres militaires, et les 44 nations participantes défilent dans l'ordre alphabétique.[6] Le Français Georges André prononce le serment olympique au nom des athlètes.[3]

La cérémonie de clôture se tient le 27 juillet. Pour la première fois, trois drapeaux sont hissés : celui du CIO et ceux du pays hôte, la France, et du prochain, les Pays-Bas. Selon le CIO, la tradition est restée.[3]

La devise « Citius, Altius, Fortius » est employée pour la première fois à ces Jeux.[1]

Le calendrier des épreuves au stade[modifier | modifier le wikicode]

Principales compétitions disputées au stade de Colombes en 1924
Dates Épreuve Notes
4 au 18 mai Rugby à XV Trois équipes ; la dernière rencontre devient la « Corrida de Colombes »
9 juin Football : finale Uruguay – Suisse, 3-0[8]
5 juillet Cérémonie d'ouverture 44 nations[6]
6 au 13 juillet Athlétisme Dont le cross-country du 12 juillet[9]
12 au 17 juillet Pentathlon moderne (en partie) Autres sites : piscine des Tourelles, Fontainebleau, stand de tir de Versailles[10]
13 au 21 juillet Tennis Vincent Richards et Helen Wills sont sacrés en simple[11]
17 au 24 juillet Gymnastique Huit jours de compétition[12]
27 juillet Équitation : finale du saut d'obstacles individuel ; cérémonie de clôture Les deux ont lieu le même jour[13][3]

Les épreuves[modifier | modifier le wikicode]

Rugby[modifier | modifier le wikicode]

Le tournoi de rugby à XV se joue en mai, avant l'ouverture officielle des Jeux : les États-Unis battent la France 17-3 le 18 mai, devant un public hostile, et le rugby disparaît ensuite du programme olympique. Voir Finale olympique de rugby de 1924.

Football[modifier | modifier le wikicode]

Le tournoi réunit 22 équipes du 25 mai au 9 juin 1924, sur quatre sites parisiens, dont le stade olympique de Colombes.[8] La finale y oppose l'Uruguay à la Suisse le 9 juin : les Uruguayens gagnent 3-0 devant 60 000 spectateurs, tandis que 10 000 personnes restent à l'extérieur.[8] Sur l'ensemble du tournoi, Pedro Petrone, de l'Uruguay, termine meilleur buteur avec 6 buts (7 selon une source), et José Leandro Andrade reçoit le surnom de « Merveille noire ».[8]

Athlétisme[modifier | modifier le wikicode]

Les compétitions d'athlétisme se déroulent du 6 au 13 juillet.[9] L'exposition de la préfecture d'Île-de-France compte 652 athlètes de 40 nations, tous des hommes.[6] Parmi les champions : les Britanniques Harold Abrahams (100 m), Eric Liddell (400 m) et Douglas Lowe (800 m), le Finlandais Paavo Nurmi (1 500 m et 5 000 m), l'Américain Jackson Scholz (200 m), le Finlandais Albin Stenroos (marathon) et l'Américain Harold Osborn (décathlon).[9] Abrahams et Liddell sont les héros du film Les Chariots de feu, dont l'histoire se passe en partie à Colombes.[14] Les États-Unis (12 titres) et la Finlande (10) dominent le tableau des médailles.[9]

Nurmi gagne cinq titres à Paris, dont le 1 500 m et le 5 000 m en moins d'une heure d'intervalle.[3] Le 12 juillet, par plus de 40 °C, le cross-country tourne à l'épreuve de survie : voir Cross-country olympique de 1924.

Autres disciplines[modifier | modifier le wikicode]

Colombes accueille aussi le tennis, du 13 au 21 juillet, la gymnastique, du 17 au 24 juillet, une partie du pentathlon moderne, du 12 au 17 juillet, et la finale du saut d'obstacles individuel le 27 juillet.[11][12][10][13]

Après 1924[modifier | modifier le wikicode]

Le stade prend le nom d'Yves du Manoir en 1928 (voir Stade Yves-du-Manoir). Il accueille ensuite la finale de la Coupe du monde de football de 1938.[5]

En 2024, la Ville de Colombes consacre à cette histoire l'exposition « Colombes terre de champions », du 4 mai au 19 octobre 2024, au musée d'Art et d'Histoire de Colombes (2 rue Gabriel-Péri). Elle retrace l'histoire du stade, de la piscine (ouverte en février 1969) et de la patinoire (1973).[2]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]