Histoire de Colombes
Des origines à l'époque médiévale[modifier | modifier le wikicode]
L'occupation du territoire de l'actuelle commune de Colombes est ancienne. Des découvertes archéologiques réalisées au XIXe siècle ont mis au jour des outils en silex ainsi que des haches polies datant de la Préhistoire. Un cimetière mérovingien a également été identifié sous l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre-Saint-Paul, attestant une occupation permanente dès le haut Moyen Âge.
La première mention écrite de Colombes apparaît en 1160 dans une bulle du pape Alexandre III confirmant les possessions de la léproserie Saint-Lazare de Paris, où figure la dîme perçue sur le territoire de Colombes. À cette époque, le village dépend largement de l'abbaye de Saint-Denis, importante puissance foncière de la région parisienne. Le bourg se développe alors à proximité de la route reliant Paris à Argenteuil.
L'origine du nom « Colombes » n'est pas établie avec certitude. Plusieurs hypothèses existent, notamment un lien avec le latin columba (« colonne » ou « pigeonnier »), sans qu'aucune ne fasse aujourd'hui consensus parmi les spécialistes.
L'Ancien Régime[modifier | modifier le wikicode]
Pendant plusieurs siècles, Colombes demeure un village essentiellement agricole. Les cultures céréalières, la vigne, les vergers et les maraîchages alimentent les marchés parisiens.
Au XVIIe siècle, la commune acquiert une certaine notoriété lorsque la reine Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV et veuve du roi Charles Ier d'Angleterre, s'installe au château de Colombes après son exil. Elle y réside jusqu'à son décès en 1669. Son neveu Louis XIV lui rend régulièrement visite, faisant ponctuellement de Colombes un lieu fréquenté par la cour.
Au XVIIIe siècle, plusieurs domaines aristocratiques sont aménagés autour du village. Parmi eux figure le parc du Moulin-Joly, créé par Claude-Henri Watelet, considéré comme l'un des premiers jardins anglo-chinois de France. Ce domaine exerce une influence importante sur l'évolution de l'art des jardins français.
La paroisse de Colombes inclut également le village de Courbevoie jusqu'en 1786.
La Révolution française et le Premier Empire[modifier | modifier le wikicode]
La Révolution entraîne la disparition des privilèges seigneuriaux et la vente des biens nationaux. Le château de Colombes est détruit en 1793.
La commune devient chef-lieu de canton entre 1790 et 1795 avant d'être rattachée à une nouvelle organisation administrative.
Sous le Premier Empire, la construction du pont de Bezons en 1811 améliore sensiblement les communications avec les communes voisines et favorise les échanges économiques.
Le XIXe siècle : de la commune rurale à la banlieue résidentielle[modifier | modifier le wikicode]
L'ouverture successive du pont d'Argenteuil (1832), de la ligne ferroviaire Paris–Argenteuil puis de la gare de Colombes en 1854, suivie de celle de Bois-Colombes en 1857, place la commune à quelques dizaines de minutes de Paris. Cette amélioration des transports attire une population de villégiature composée de bourgeois et d'artistes, tout en favorisant l'installation d'une population permanente toujours plus nombreuse.
Les bords de Seine deviennent un haut lieu des loisirs nautiques. Canotiers, guinguettes et régates attirent de nombreux visiteurs. Les paysages du Petit-Gennevilliers et de Colombes inspirent plusieurs peintres impressionnistes, notamment Claude Monet, Alfred Sisley et Gustave Caillebotte. Guy de Maupassant évoque également ces lieux dans plusieurs de ses nouvelles.
La guerre franco-prussienne de 1870 marque durement la commune, située sur un axe stratégique entre Paris et la boucle de la Seine. Colombes subit les combats liés au siège de Paris ainsi que plusieurs bombardements.
Les divisions territoriales[modifier | modifier le wikicode]
À la fin du XIXe siècle, l'expansion démographique conduit à plusieurs modifications administratives.
En 1896, le quartier du Bois de Colombes devient une commune indépendante sous le nom de Bois-Colombes.
En 1910, une nouvelle partition donne naissance à La Garenne-Colombes.
Ces deux créations réduisent sensiblement le territoire communal de Colombes. Si elles n'avaient pas eu lieu, la commune compterait aujourd'hui un territoire et une population nettement plus importants.
L'industrialisation du XXe siècle[modifier | modifier le wikicode]
Au début du XXe siècle, Colombes connaît une industrialisation rapide.
De nombreuses entreprises majeures s'y implantent, notamment les manufactures Kleber-Colombes (pneumatiques), Gnome et Rhône (moteurs d'aviation), Félix Amiot (construction aéronautique), Ericsson (télécommunications), ainsi que plusieurs maisons de parfumerie telles que Guerlain et Sauzé. Ces industries emploient plusieurs milliers d'ouvriers et transforment profondément le paysage urbain.
Pour loger cette nouvelle population, de vastes ensembles d'habitation sont construits dans les années 1920 et 1930, souvent dans un style Art déco caractéristique de cette période.
Colombes et les Jeux olympiques de 1924[modifier | modifier le wikicode]
Le Stade olympique de Colombes, aujourd'hui stade Yves-du-Manoir, devient le principal site des Jeux olympiques d'été de 1924 après une décision tardive des organisateurs. Plus de 3 000 athlètes représentant 44 nations y participent. Le stade accueille notamment les cérémonies d'ouverture et de clôture ainsi que les principales compétitions d'athlétisme.
À cette occasion est également construit le premier véritable village olympique de l'histoire des Jeux modernes, constitué de baraquements provisoires destinés à héberger les délégations étrangères. Cette innovation fera ensuite école dans toutes les olympiades suivantes.
Durant plusieurs décennies, le stade de Colombes demeure le principal stade français, accueillant les finales de football, les grandes rencontres internationales de rugby ainsi que la finale de la Coupe du monde de football de 1938.
Les deux guerres mondiales[modifier | modifier le wikicode]
Pendant la Première Guerre mondiale, Colombes et ses usines stratégiques sont la cible de la nouvelle guerre aérienne. La commune est touchée une première fois par le raid de Zeppelins du 21 mars 1915 qui larguent plusieurs projectiles sur la boucle de la Seine. Plus tard, dans la nuit du 30 au 31 janvier 1918, c'est une escadrille de bombardiers lourds Gothas qui frappe la commune, le communiqué officiel de l'armée confirmant alors que Colombes figurait parmi les principaux points d'impact de la banlieue nord-ouest.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la commune subit l'Occupation allemande entre 1940 et 1944. Plusieurs habitants participent à la Résistance tandis que d'autres sont victimes des persécutions antisémites et des déportations. La Libération intervient en août 1944, après des combats dans les secteurs voisins, notamment au carrefour des Quatre-Routes.
Depuis 1945 : mutation urbaine[modifier | modifier le wikicode]
L'après-guerre voit progressivement décliner les grandes industries qui avaient fait la prospérité de Colombes.
À partir des années 1960 et 1970, plusieurs usines ferment ou sont reconverties. Les terrains industriels accueillent progressivement des logements, des équipements publics et des activités tertiaires. La construction de l'autoroute A86 et de l'hôpital Louis-Mourier modifie également profondément le paysage urbain.
Le parc départemental Pierre-Lagravère est aménagé sur les anciennes berges et l'île Marante, offrant un vaste espace vert aux habitants.