Patinoire de Colombes
Modèle:Infobox Infrastructure sportive
La patinoire de Colombes, officiellement désignée comme la patinoire olympique de Colombes, est un ancien équipement sportif francilien situé dans le parc de l'île Marante à Colombes (Hauts-de-Seine).
Inaugurée en 1973 dans la foulée de l'engouement pour les sports de glace en France, elle a été pendant près d'un demi-siècle un pôle majeur du patinage artistique et du hockey sur glace en région parisienne. Célèbre pour avoir été le centre d'entraînement historique du vice-champion du monde Philippe Candeloro, elle a définitivement fermé ses portes le 26 juin 2022.
Localisation et architecture[modifier | modifier le wikicode]
La patinoire est implantée au nord-ouest de la commune de Colombes, au sein du complexe sportif et de loisirs du parc interdépartemental de l'île Marante (aujourd'hui parc Pierre-Lagravère), à proximité immédiate de la Seine et de l'autoroute A86.
Sur le plan technique, le bâtiment abritait une piste de glace répondant aux normes de compétition internationale, dite « taille olympique », mesurant 56 mètres de long sur 26 mètres de large. Les gradins, disposés en surplomb de la piste, offraient une capacité de 1 200 places assises pour les spectateurs, ce qui permettait à la ville d'organiser des compétitions de grande envergure et des galas. Le système de réfrigération de la dalle, typique des années 1970, utilisait un réseau complexe de fluides frigorigènes qui a fini par poser d'importants défis écologiques et de maintenance au fil des décennies.
Histoire[modifier | modifier le wikicode]
Genèse et ouverture (1973)[modifier | modifier le wikicode]
La construction de la patinoire de Colombes s'inscrit dans un contexte national très particulier. À la suite des Jeux olympiques d'hiver de 1968 à Grenoble, l'État français lance un vaste plan d'équipement sportif (souvent associé au plan des « 1000 piscines ») pour rattraper le retard du pays. Colombes, ville à la forte tradition sportive (ayant accueilli les Jeux olympiques d'été de 1924), se dote ainsi d'une patinoire en 1973. Très vite, elle attire les patineurs de tout le nord-ouest parisien.
L'âge d'or et les années Candeloro (1980-1990)[modifier | modifier le wikicode]
Dans les années 1980 et 1990, la patinoire de Colombes acquiert une notoriété internationale grâce au Club des Sports de Glace de Colombes (CSGC). C'est sur cette glace que l'entraîneuse Natacha Dabadie repère et forme un jeune talent local : Philippe Candeloro. Le patineur y forgera son style atypique et y préparera ses plus grands succès internationaux (médailles olympiques en 1994 et 1998). La patinoire devient alors un véritable vivier de talents, attirant des délégations étrangères et des médias lors des entraînements publics du champion.
En décembre 1991, la patinoire connaît son apogée en accueillant les Championnats de France de patinage artistique 1992, réunissant l'élite nationale sur sa glace (incluant Surya Bonaly et Éric Millot, qui y bat d'ailleurs Candeloro à domicile).
Déclin technique et sursis (années 2010)[modifier | modifier le wikicode]
Au tournant du XXIe siècle, l'équipement commence à montrer de sérieux signes de fatigue. Le système de production de froid est obsolète, et le toit souffre de problèmes d'étanchéité. En 2011, la municipalité envisage une première fois la fermeture du site. Face à la levée de boucliers des clubs et des habitants, des réparations d'urgence sont effectuées et la patinoire obtient un sursis.
La fermeture par la municipalité Chaimovitch (2022)[modifier | modifier le wikicode]
En 2021, la municipalité de Colombes, par la voix de son maire Patrick Chaimovitch, annonce la fermeture définitive de la patinoire pour la fin de la saison sportive 2022. Cette décision, bien qu'impopulaire, est assumée et justifiée par l'édile autour de trois arguments majeurs :
- La nécessité de lutter contre le réchauffement climatique : L'installation, qualifiée de « passoire thermique » et de « gouffre énergétique », est jugée totalement anachronique et incompatible avec les impératifs écologiques du XXIe siècle. La production d'une telle surface de glace nécessitait une surconsommation électrique constante, couplée à l'utilisation de fluides frigorigènes vieillissants et polluants. La fermeture s'inscrit donc dans une politique stricte de réduction de l'empreinte carbone et des émissions de gaz à effet de serre de la commune.
- La maîtrise des coûts de fonctionnement : L'entretien quotidien et la facture énergétique du site pesaient extrêmement lourd sur le budget municipal. Avec un déficit de fonctionnement annuel estimé à plus de 500 000 euros à la charge de la ville, le maintien de l'activité a été jugé financièrement insoutenable.
- Un coût d'investissement prohibitif pour la remise aux normes : Le système de réfrigération et les infrastructures globales (notamment la toiture) étant arrivés en fin de vie, de simples réparations n'étaient plus envisageables. Le coût des travaux massifs nécessaires pour remettre la patinoire en état de marche et aux normes environnementales a été chiffré entre 7 et 10 millions d'euros ; un investissement colossal que la mairie a catégoriquement refusé d'engager.
Cette annonce provoque une forte contestation. Les quelque 550 licenciés (répartis entre le patinage artistique et le hockey) et les habitants créent le collectif SOS Patinoire de Colombes. Des manifestations sont organisées devant la mairie, et une pétition rassemble près de 10 000 signatures. Des figures comme Philippe Candeloro interviennent publiquement pour tenter de sauver l'équipement de ses débuts.
Malgré cette forte mobilisation, la décision est maintenue. Le dimanche 26 juin 2022, la patinoire olympique de Colombes ferme définitivement ses portes après un dernier match de hockey et un ultime gala émouvant de l'équipe de ballet sur glace.
Clubs résidents[modifier | modifier le wikicode]
L'histoire de la patinoire est indissociable des clubs qui l'ont animée :
- Le Club des Sports de Glace de Colombes (CSGC) : Club historique de patinage artistique et de danse sur glace, célèbre pour avoir formé des athlètes de niveau international.
- Estrella : L'équipe de ballet sur glace de Colombes, véritable fierté locale. L'équipe a été sacrée championne de France et a remporté la prestigieuse Gold Cup (équivalent d'un championnat du monde des clubs) au printemps 2022, quelques semaines avant la fermeture du site.
- Le Hockey Club de Colombes (HCC) : Connu sous le nom des Anges de Colombes (et des Mille pattes pour la section loisir/vétérans). Après la fermeture, les hockeyeurs ont dû chercher asile dans les patinoires voisines, entraînant une forte baisse des effectifs.
Compétitions et événements majeurs[modifier | modifier le wikicode]
- Avril 1978 : Finale de la Coupe de France de hockey sur glace, opposant le club de Tours à celui de la Croix-Rousse (Lyon).
- 1991 : Accueil du Trophée Lalique (compétition internationale).
- 20-22 décembre 1991 : Championnats de France de patinage artistique 1992 (Patinage individuel, danse sur glace et couples).
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
Annexes[modifier | modifier le wikicode]
Articles connexes[modifier | modifier le wikicode]
- Colombes
- Patrick Chaimovitch
- Philippe Candeloro
- Patinage artistique en France
- Liste des patinoires en France