Avenue Henri Barbusse
L'avenue Henri-Barbusse est l'axe nord-sud du centre et du sud de Colombes. Longue d'un peu plus d'un kilomètre[1], elle part de la place du Général-Leclerc, au cœur du vieux bourg, et descend jusqu'au pont de la Puce, qui franchit la voie ferrée à la limite de La Garenne-Colombes et de Bois-Colombes. Elle suit le tracé de la route départementale D 106.
C'est l'une des voies les plus anciennes de la commune. Elle s'est appelée route de Paris, puis rue de Paris, avant de recevoir en 1936 le nom de l'écrivain Henri Barbusse, mort l'année précédente[2].
Cette voie possède également sa propre fiche sur Wikipédia.
Situation et accès[modifier | modifier le wikicode]
L'avenue commence au débouché de la rue Gabriel-Péri sur la place du Général-Leclerc, au pied du clocher de l'ancienne église Saint-Pierre Saint-Paul et à deux pas de la rue du Bournard. Elle file ensuite vers le sud en ligne presque droite, sur une centaine de numéros de part et d'autre.
Elle croise successivement la rue Beaurepaire, la rue des Anciens-Combattants, le passage Jacques-Prévert, la rue du Maréchal-Joffre, la rue Jean-Bouin, la rue des Monts-Clairs, l'avenue Félicien-David, l'avenue Bellair, la rue Lakanal, la rue Gustave-Bienvêtu, la rue de Prague, l'avenue Jeanne-d'Arc, la rue Joseph-Deville, l'avenue Rafine, l'avenue Hélène, le sentier de Paris, l'avenue Heurtault, la rue Aristide-Briand, la rue Félix-Faure, l'avenue Boquet et l'avenue François-Rousseau, avant d'atteindre le pont de la Puce[1].
Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme la décrit comme « un axe historique et structurant deux quartiers » : les quartiers de la Petite-Garenne et des Vallées se sont développés à partir de cet axe, qui relie deux polarités, le centre-ville et la gare des Vallées[3].
Malgré des hauteurs de bâti très inégales et des fonctions variées, « l'avenue possède un aspect unitaire lié à la présence d'un bel alignement d'arbres bilatéral »[3].
Origine du nom[modifier | modifier le wikicode]
La voie est nommée en l'honneur d'Henri Barbusse (1873-1935), écrivain, auteur du Feu — prix Goncourt 1916 —, figure du pacifisme et de l'engagement communiste de l'entre-deux-guerres.
Selon le site d'histoire locale Vieux-Colombes, la rue de Paris a été rebaptisée en 1936, un an après la mort de l'écrivain[2].
Histoire[modifier | modifier le wikicode]
Le chemin de Paris[modifier | modifier le wikicode]
Les Archives départementales des Hauts-de-Seine rangent l'avenue parmi les anciens chemins ruraux dont la trame de Colombes garde la trace, au même titre que le chemin de Bezons — devenue la rue Youri-Gagarine — ou que ceux de Nanterre et de Rueil, aujourd'hui rue d'Estienne-d'Orves et rue des Voies du Bois[4]. Au Moyen Âge, ces chemins transversaux reliaient les villages entre eux et comptaient autant que les voies menant à Paris. À partir du XVIIe siècle, l'État développe une voirie en étoile autour de la capitale, pour des raisons politiques et économiques tenant notamment à son approvisionnement ; au XIXe siècle, les lignes de chemin de fer suivront la même logique. « Sur de nombreuses communes de banlieue ce réseau en étoile coupe et efface les chemins issus des siècles précédents mais à Colombes, le réseau viaire d'origine remontant au Moyen Âge est globalement préservé »[4].
Le chemin, ou « route de Paris », pointe en réalité en direction de Courbevoie[4]. Le rapport de présentation du PLU décrit néanmoins cet axe comme reliant le « Bourg » de Colombes à la porte de Champerret par Neuilly-sur-Seine[3].
Le site Vieux-Colombes la présente comme l'une des plus anciennes rues de Colombes, citée dès 1535[2].
Le village se développe alors autour de l'ancienne église, de part et d'autre des axes est-ouest que sont les rues Saint-Denis et du Bournard, et se prolonge le long de la rue de Paris. L'un des pôles commerciaux du bourg, la place de la Fontaine, se tenait à l'angle de la rue du Bournard et de la rue de Paris[3].
Avant la construction de la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre, en 1837, la voie se prolongeait sans rupture dans l'actuelle avenue du Général-de-Gaulle à La Garenne-Colombes[5]. La voie ferrée a coupé ce tracé ; le pont de la Puce le rétablit.
L'urbanisation, le tramway et l'octroi[modifier | modifier le wikicode]
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les paysans qui s'étaient maintenus au centre du bourg abandonnent peu à peu leurs fermes sous la pression foncière. De nouveaux quartiers s'érigent autour de la gare et de la rue de Paris, et les commerçants prennent le relais des paysans, intéressés par le volume de leurs bâtiments, qui peuvent servir d'entrepôt[3].
En 1900 est installée la ligne de tramway Porte-Maillot – Neuilly, avec un embranchement à Colombes qui emprunte l'avenue de Paris et le boulevard du Havre — aujourd'hui l'avenue Henri-Barbusse et le boulevard Charles-de-Gaulle. Elle fonctionne jusqu'à l'entre-deux-guerres, avant d'être remplacée par des autobus[3]. Les cartes postales anciennes montrent le tramway 64 de la ligne « Madeleine – Colombes » et, sur la partie la plus étroite de la voie, une double voie établie entre les actuels nos 21 et 33 pour faciliter les croisements[2].
Au pont de la Puce se tenait l'octroi : une baraque de chaque côté du pont, l'une pour Colombes, l'autre pour Bois-Colombes. Juste à côté, entre la rue du Chemin-de-Fer — l'actuelle avenue Anatole-France — et les voies, le Chalet du Pont de la Puce, café-restaurant et meublé réputé, disparaît après la guerre lors de l'élargissement des voies ferrées[6].
À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l'axe accueille des immeubles de rapport accolés aux villas et aux anciennes fermes, dans un tissu de type faubourien[3].
L'ancienne mairie[modifier | modifier le wikicode]
L'ancienne mairie de Colombes, construite par les architectes Paul et Albert Leseine, s'élevait au no 13 de la rue de Paris[5]. Elle a fonctionné jusqu'à son remplacement par l'hôtel de ville en 1923[2]. Ce tronçon nord de la voie a depuis été rattaché à la place du Général-Leclerc, où se trouve aujourd'hui le bâtiment, désaffecté[2].
Reconstruction et renouvellement[modifier | modifier le wikicode]
Après-guerre, la crise du logement conduit la Ville à bâtir dans l'urgence. Les premiers HLM apparaissent dès 1955, grâce à l'action du Commissariat à la Reconstruction, disséminés dans les rues Jean-Jacques-Rousseau, de Stalingrad, Henri-Barbusse et du Bournard[7].
De 1970 à 1990, des copropriétés plus modernes s'implantent de part et d'autre de l'axe, côté centre-ville sur l'ancien tissu villageois. Le tissu se fait alors plus hétérogène, mêlant immeubles collectifs, activités et pavillons[3].
À l'extrémité sud, l'opération d'aménagement ZAC Pont de la Puce – Henri-Barbusse a permis de réaliser un programme mixte habitat-commerces et la crèche collective « Les Cigognes »[3].
Bâtiments et lieux remarquables[modifier | modifier le wikicode]
La Villa Gallé[modifier | modifier le wikicode]
L'entrée du no 54 ouvre sur la Villa Gallé, lotissement protégé au titre du plan local d'urbanisme pour son intérêt au regard de l'« histoire du logement, [de l']architecture du XIXe siècle [et du] saint-simonisme ». Il s'agit d'une coopérative immobilière créée en 1858 sur une partie de la propriété du saint-simonien Julien Gallé, destinée à l'accession à la propriété de ménages modestes. Les rues de la villa — avenues Altès, Félicien-David et Deloffre — portent le nom de saint-simoniens célèbres, amis de Gallé.
L'ensemble réunit des maisons modestes avec jardins, dont plusieurs ont été reconstruites. À l'origine, toutes semblent avoir été bâties sur un même modèle : un étage, deux ou trois travées, une fenêtre dans le pignon et un sobre décor de corniches moulurées[8].
L'ensemble Art déco du no 70[modifier | modifier le wikicode]
Le no 70, avec les nos 2 et 4 de la rue de Prague, forme un ensemble bâti de deux immeubles de rapport et d'une maison, également protégé au PLU pour son « intérêt architectural et décor ». Les trois bâtiments partagent les mêmes matériaux et le même vocabulaire : parement de brique beige à motif de carreau et boutisse, moulures, motifs végétaux et floraux en bas-relief. La grille, la porte d'entrée du no 70 et les bas-reliefs sont d'inspiration Art déco[8].
Autres éléments[modifier | modifier le wikicode]
- Au no 125, l'ancienne gendarmerie : le bâtiment subsiste, très rénové[6].
- Au carrefour de la rue Félix-Faure, les quatre maisons d'angle sont toujours en place ; celle du no 159 a conservé son balconnet, et le pavillon du no 157 a été englobé dans une boutique[6].
- Le musée d'Art et d'Histoire et la médiathèque Jacques-Prévert bordent l'avenue à son extrémité nord, du côté de la place du Général-Leclerc[1].
La mémoire de la rafle du Vélodrome d'Hiver[modifier | modifier le wikicode]
Le carrefour de l'avenue et de la rue Jean-Bouin porte le nom de carrefour de la Rafle du Vélodrome d'Hiver[1]. Chaque année en juillet, la municipalité, les associations de déportés et de mémoire et le centre communautaire israélite de Colombes y commémorent l'anniversaire de la rafle des 16 et 17 juillet 1942[9].
En 2020, la cérémonie du 78e anniversaire s'est tenue le 19 juillet dans un format restreint, en présence de Patrick Chaimovitch, maire de Colombes, de son adjointe Chantal Barthélémy-Ruiz, du conseiller municipal Mamadou Konté, de Serge Frydman, président d'honneur du comité pour la mémoire d'Auschwitz, et de Samy Arzoine, président du centre communautaire israélite[10].
Le centre communautaire israélite de Colombes, installé avenue Henri-Barbusse, a été construit en 1986[5].
Équipements et commerces[modifier | modifier le wikicode]
Le rapport de présentation du PLU note que les concentrations commerciales du secteur se situent avenue Henri-Barbusse et aux abords de la gare de La Garenne-Colombes[3]. L'avenue réunit aujourd'hui commerces de bouche, services, agences et restaurants sur presque toute sa longueur[1].
Plusieurs services publics et équipements y sont installés :
| No | Équipement |
|---|---|
| 10 | Espace Insertion — accompagnement des bénéficiaires du RSA[11] |
| 30 | Direction des sports[11] |
| 102 | Agence France Travail de Colombes et crèche collective « 1, 2, 3 Soleil »[11] |
| 191 | Crèche collective « Les Cigognes », issue de la ZAC Pont de la Puce[11][3] |
Le centre d'information et d'orientation (CIO), autrefois installé rue des Cerisiers, a été transféré sur l'avenue[3].
Plusieurs établissements scolaires affleurent sur la rive est de la voie : le collège Lakanal, l'école élémentaire Lazare-Carnot et les écoles maternelles Gustave-Bienvêtu et Denis-Papin — cette dernière un peu en retrait, en limite du square Denis-Papin, longtemps seul espace vert du quartier[3][12].
Circulation et transports[modifier | modifier le wikicode]
L'avenue suit la route départementale 106. Elle est limitée à 30 km/h, comme l'ensemble des voies de la commune, et comporte des bandes cyclables sur une partie de son tracé ainsi que des sections partagées avec les bus[1].
Elle est desservie sur toute sa longueur par la ligne de bus 164 (Argenteuil – porte de Champerret)[3], qui y marque les arrêts Mairie de Colombes, Prague et Félix Faure[1].
Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]
- Rue du Bournard
- Rue Gabriel Péri
- Quartier des Vallées
- Projet:Défi des Rues
- Portail:Quartiers de Colombes
Liens externes[modifier | modifier le wikicode]
- L'avenue au nord et au sud, cartes postales anciennes et vues actuelles, sur Vieux-Colombes
Sur Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Relevé effectué sur OpenStreetMap, septembre 2026. Les longueurs sont mesurées sur l'axe de la chaussée.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 Avenue Henri-Barbusse, ancienne rue de Paris, partie nord, Vieux-Colombes — Colombes hier & aujourd'hui, consulté le 22 septembre 2026.
- ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 3,11 3,12 et 3,13 Rapport de présentation du plan local d'urbanisme, Ville de Colombes, juillet 2015, p. 27, 32, 48, 62 et 63.
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « 3. La fabrique urbaine : Colombes au tournant du XXe siècle », Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine, Archives départementales des Hauts-de-Seine. La page n'est plus accessible à son adresse d'origine ; elle se consulte dans la capture du 17 juin 2021 de l'Internet Archive.
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Avenue Henri-Barbusse (Colombes), Wikipédia en français.
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Avenue Henri-Barbusse, ancienne rue de Paris, partie sud, Vieux-Colombes — Colombes hier & aujourd'hui, consulté le 22 septembre 2026.
- ↑ Colombes le Mag n° 63, février 2021, p. 21.
- ↑ 8,0 et 8,1 Annexe patrimoine du plan local d'urbanisme, Ville de Colombes, p. 47 et 53.
- ↑ Colombes le Mag n° 58, juillet-août 2020, p. 19.
- ↑ Colombes le Mag n° 59, septembre 2020, p. 6.
- ↑ 11,0 11,1 11,2 et 11,3 Colombes le Mag et Vivre à Colombes, carnets d'adresses et guides des services, 2020-2024.
- ↑ Voir la liste des écoles de Colombes.