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Marcelle Devaud

De WikiColombes
Marcelle Devaud
Marcelle Devaud en 1975
Marcelle Devaud en 1975.
Photo Françoise Foliot, CC BY-SA 4.0.
Maire de Colombes
Mandat mars 1959 – mars 1965
(6 ans)
Prédécesseur Paul Bouchu
Successeur Henri Neveu
Mandats nationaux
Conseil de la République 8 décembre 1946 – 8 juin 1958
Assemblée nationale 9 décembre 1958 – 9 octobre 1962
Informations personnelles
Nom de naissance Marcelle Simonne Gouguenheim
Date de naissance 7 janvier 1908
Lieu de naissance Constantine (Algérie)
Date de décès 4 septembre 2008 (à 100 ans)
Parti politique PRL, puis Républicains sociaux, puis UNR
Conjoint Stanislas Devaud

Marcelle Devaud, née Marcelle Simonne Gouguenheim le 7 janvier 1908 à Constantine, en Algérie, et morte le 4 septembre 2008[n 1], est une femme politique française. Élue dès 1946 au Conseil de la République, un an après le premier vote des femmes en France, elle est maire de Colombes de mars 1959 à mars 1965 — la première femme à exercer cette fonction dans la commune[1].

Parlementaire pendant seize ans, deuxième femme à accéder à la vice-présidence du Conseil de la République, elle a consacré une grande part de son action à la condition des femmes et au droit du travail. À Colombes, son mandat est notamment marqué par la construction de la maison des jeunes et de la culture, dont elle pose la première pierre en 1962.

Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Origines et formation[modifier | modifier le wikicode]

Fille d'une famille de Constantine, Marcelle Gouguenheim étudie au lycée de jeunes filles de la ville, passe son baccalauréat à seize ans et entame une licence de philosophie. Elle épouse Stanislas Devaud, professeur agrégé de philosophie, élu député de Constantine en 1936 ; elle est son assistante parlementaire de 1932 à 1940[2][3]. Le couple aura six enfants.

La Résistance[modifier | modifier le wikicode]

Pendant l'Occupation, Marcelle et Stanislas Devaud participent à la Résistance : ils aident des évadés, des résistants, des Juifs et des réfractaires au service du travail obligatoire à échapper à la police[2][3].

Une pionnière des assemblées parlementaires[modifier | modifier le wikicode]

En 1946, un an après que les femmes ont voté pour la première fois en France, le Parti républicain de la liberté fait appel à elle : elle est élue par l'Assemblée nationale au Conseil de la République, où elle représente le département de la Seine. Réélue en 1948 puis en 1952, elle y siège jusqu'en 1958[4].

De 1948 à la fin de 1951, elle est vice-présidente du Conseil de la République, la deuxième femme à occuper cette fonction[n 2][2]. Elle est par ailleurs vice-présidente de son groupe parlementaire de 1946 à 1952[5].

Son travail parlementaire est considérable : le Sénat lui attribue vingt propositions de résolution, vingt-et-une propositions de loi et soixante-trois rapports ou avis. Membre des commissions de l'intérieur puis du travail et de la sécurité sociale, elle est la première à déposer une proposition de loi créant une sécurité sociale pour les étudiants et contribue à la naissance de la Mutuelle nationale des étudiants de France. Rapporteure en 1950 des textes sur les conventions collectives et le règlement des conflits du travail, elle fait inscrire dans les clauses de ces conventions le principe « à travail de valeur égale, salaire égal » et participe à la création du salaire minimum interprofessionnel garanti[5].

Élue députée de la Seine en novembre 1958 sous l'étiquette de l'Union pour la nouvelle République, elle siège à l'Assemblée nationale jusqu'en octobre 1962[3]. Elle est ensuite membre du Conseil économique et social de 1963 à 1979[2].

Maire de Colombes (1959-1965)[modifier | modifier le wikicode]

Marcelle Devaud est élue maire de Colombes en mars 1959, succédant à Paul Bouchu. Elle exerce ce mandat jusqu'en mars 1965 et a pour successeur Henri Neveu, dont le très bref passage précède l'élection de Dominique Frelaut le 19 mars 1965[6]. Elle est la première femme à diriger la commune[1].

Son mandat coïncide avec la construction du bâtiment de la maison des jeunes et de la culture. L'association, née en 1953 dans un baraquement de la rue de la Reine-Henriette, avait besoin d'un équipement pérenne ; la conception en est confiée en 1959 à l'architecte Henry Pottier, grand prix de Rome. Marcelle Devaud pose la première pierre en 1962, sur le site de l'ancien château de la reine Henriette[7]. La maison est inaugurée au milieu des années 1960, après la fin de son mandat.

Engagements féministes[modifier | modifier le wikicode]

L'action de Marcelle Devaud en faveur des droits des femmes dépasse largement ses mandats électifs.

Dès 1945, elle fonde avec son amie Irène de Lipkowski l'association « Françaises libres », destinée à engager les femmes dans la reconstruction du pays et à les encourager à se porter candidates aux élections à l'Assemblée constituante. Elle est ensuite à l'origine du Comité de liaison des associations féminines (CLAF), du Comité d'étude et de liaison du travail féminin en 1966, puis de l'Association des femmes de l'Europe méridionale en 1995[2].

En 1975, année internationale des femmes, elle est déléguée à la commission de la condition de la femme de l'Organisation des Nations unies et participe à la préparation de la première conférence internationale des femmes, à Mexico. C'est cette année-là qu'elle est photographiée au colloque de Lomé consacré à « la promotion de la femme face aux responsabilités communales », un sujet qu'elle connaissait de l'intérieur[2].

En 1990, sensible au vieillissement de la population et au lien entre natalité et égalité entre les femmes et les hommes, elle participe à la création de l'association Générations, dont elle devient vice-présidente[2].

Distinctions[modifier | modifier le wikicode]

Marcelle Devaud est faite commandeure de la Légion d'honneur et grand officier de l'ordre national du Mérite en 1997[2].

Le 22 janvier 2008, le Sénat organise une cérémonie pour son centième anniversaire, en présence du président du Sénat et de la présidente de la délégation aux droits des femmes[5]. Elle meurt quelques mois plus tard, centenaire.

Postérité à Colombes[modifier | modifier le wikicode]

Un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de la commune porte son nom, lEhpad Marcelle-Devaud'[8].

Mandats[modifier | modifier le wikicode]

Mandats successifs
Période Mandat ou fonction
1946-1958 Conseillère de la République pour le département de la Seine
1948-1951 Vice-présidente du Conseil de la République
1958-1962 Députée de la Seine (36e circonscription)
1959-1965 Maire de Colombes
1963-1979 Membre du Conseil économique et social

Archives[modifier | modifier le wikicode]

Le fonds Marcelle Devaud est conservé au Centre des archives du féminisme, à la bibliothèque universitaire d'Angers, sous la cote 20 AF[9].

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sur Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Wikipédia situe son décès à Neuilly-sur-Seine ; la base Sycomore de l'Assemblée nationale indique Paris.
  2. Gilberte Brossolette exerçait cette vice-présidence depuis 1946. En 1948, le bureau du Conseil de la République comptait deux femmes et deux hommes à ce poste.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 et 1,1 L'association — Historique, MJC-Théâtre de Colombes.
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 et 2,7 Marcelle Devaud, Wikipédia en français.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 Fiche de Marcelle Devaud, base Sycomore, Assemblée nationale.
  4. Notice biographique de Marcelle Devaud, Sénat, anciens sénateurs de la IVe République.
  5. 5,0 5,1 et 5,2 Marcelle Devaud (1908-2008), dossier « Les femmes sénateurs », Sénat.
  6. Liste des maires de Colombes, Wikipédia en français.
  7. « La MJC, joyau de l'éducation populaire », rubrique Mémoires, dans Vivre à Colombes n° 10, février 2022, p. 40-41.
  8. Vivre à Colombes n° 7, octobre 2021.
  9. Fonds Marcelle Devaud (20 AF), Centre des archives du féminisme, université d'Angers.