Nicole Goueta
Nicole Goueta (graphie aussi rencontrée : Nicole Gouéta), née Daniel le 11 septembre 1937 à Paris, est une femme politique française de droite (RPR, RPF, UMP puis Les Républicains). Elle est maire de Colombes de 2001 à 2008, puis de 2014 à 2020.
Élue en 2001, elle met fin à trente-six ans de municipalités communistes, dirigées par Dominique Frelaut. Battue en 2008 par Philippe Sarre (union de la gauche), elle reprend la mairie en 2014 avant d'être à son tour battue en 2020 par Patrick Chaimovitch. Conseillère générale puis départementale des Hauts-de-Seine de 2001 à 2021, elle est aussi vice-présidente du Département. Elle est promue officier de la Légion d'honneur par décret du 13 juillet 2026.[1]
Biographie
Origines et formation
Nicole Raymonde Daniel naît à Paris, dans le 14e arrondissement.[1][2] Elle fait ses études à l'école de la chambre de commerce et d'industrie de Paris, puis à l'université Paris-X-Nanterre.[2]
Carrière professionnelle
Assistante de direction de 1957 à 1972, elle dirige de 1986 à 1995 la société Kefreine, puis exerce comme gérante de société.[2]
Parcours politique jusqu'en 2001
Nicole Goueta s'engage en politique après l'élection présidentielle de 1981 et rejoint le RPR. Élue conseillère municipale de Colombes en 1983, elle siège dix-huit ans dans l'opposition à la municipalité communiste de Dominique Frelaut.[2]
En 1995, elle conduit une liste dissidente du RPR aux élections municipales[3] ; au second tour, cette liste fusionne avec celle d'Alain Aubert.[4] Elle adhère en 1999 au Rassemblement pour la France (RPF), puis rejoint l'UMP et Les Républicains.[2]
Premier mandat de maire (2001-2008)
Élection de 2001
Au second tour des élections municipales du 18 mars 2001, sa liste l'emporte avec 53,09 % des suffrages exprimés, soit près de 1 500 voix d'avance sur celle du maire sortant, Dominique Frelaut. Dominique Frelaut dirigeait la ville depuis 1965 ; ce basculement est présenté par Le Parisien comme la fin de trente-six ans de gestion communiste.[5][6]
Action municipale
- Sécurité. La municipalité crée une police municipale et développe la vidéosurveillance.[7] En juillet 2001, un arrêté interdit la circulation nocturne des mineurs de moins de 13 ans non accompagnés dans certains quartiers.[8]
- Finances. La chambre régionale des comptes juge la situation financière de la commune très critique en 2000. Les taux d'imposition locaux augmentent d'environ 30 % en 2002 ; les dépenses d'équipement sont réduites et la dette est en partie renégociée.[9][7]
- Rénovation urbaine. Trois opérations sont engagées en 2005 : Europe-Île-Marante, Fossés-Jean–Les Bouviers et Les Grèves.[10]
Bilan établi par la chambre régionale des comptes
Dans son rapport de 2010 sur les exercices 2001 et suivants, la chambre régionale des comptes d'Île-de-France décrit une situation financière redressée pendant le mandat mais encore fragile en 2008, avec une fiscalité élevée et des recettes incertaines. Elle relève aussi, d'après les statistiques policières, une baisse d'un quart de la délinquance enregistrée entre 2001 et 2007, tout en regrettant que les services municipaux n'aient pas reçu d'objectifs mesurables.[7]
Opposition (2008-2014)
Le 16 mars 2008, sa liste est battue au second tour par celle de Philippe Sarre : 46,40 % des voix contre 53,60 %.[2] Elle reste conseillère municipale d'opposition et conseillère générale. Le titre de maire honoraire lui est conféré peu après.[11]
En septembre 2013, elle est choisie par les militants de l'UMP pour conduire la liste de la droite en 2014, avec 60,63 % des voix face à Lionnel Rainfray.[12]
Second mandat de maire (2014-2020)
Élection de 2014
Conduisant la liste « Tous pour Colombes »,[13] Nicole Goueta recueille 33,18 % des suffrages exprimés (8 265 voix) au premier tour du 23 mars 2014. Au second tour, le 30 mars, elle l'emporte avec 14 282 voix (52,36 %) contre 12 990 (47,63 %) à Philippe Sarre, et obtient 41 des 53 sièges contre 12.[14] Elle est élue maire le 4 avril 2014, à 76 ans.[15]
| Liste | Tête de liste | Voix | % exprimés | Sièges |
|---|---|---|---|---|
| « Tous pour Colombes » | Nicole Goueta | 14 282 | 52,36 % | 41 |
| Liste de la gauche | Philippe Sarre | 12 990 | 47,63 % | 12 |
Participation : 60,07 % des 47 229 inscrits ; 27 272 suffrages exprimés.[14]
Urbanisme
Dès 2015, la municipalité fait revoir à la baisse la hauteur et la densité de programmes immobiliers prévus avant son arrivée, et remanie la ZAC Charles-de-Gaulle Est.[16]
Sécurité et couvre-feux pour mineurs
La majorité renforce la police municipale, crée des unités spécialisées et étend la vidéoprotection : le nombre de caméras passe de 65 en 2014 à 72 en 2017.[17]
Deux séries d'arrêtés de couvre-feu pour les mineurs sont prises pendant le mandat, et toutes deux sont censurées par la justice administrative :
- Octobre 2016. Deux arrêtés interdisent la circulation des mineurs de moins de 16 ans non accompagnés entre 22 h et 6 h dans certains quartiers, les week-ends et pendant les vacances scolaires. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette comme irrecevable le recours contre le premier (arrêté du 19 octobre 2016) et annule le second (arrêté du 26 octobre 2016) par un jugement du 14 mars 2019, au motif que la mesure est disproportionnée ; 1 000 euros sont mis à la charge de la commune.[18]
- Juillet 2018. Un arrêté du 12 juillet 2018 interdit la circulation des mineurs de moins de 17 ans non accompagnés entre 22 h et 6 h les vendredis, samedis et dimanches ainsi que pendant les vacances scolaires de la zone C, dans les quartiers du Petit-Colombes, des Fossés-Jean et de l'Europe, à partir du 24 juillet.[19] À la demande de la Ligue des droits de l'homme, le juge des référés le suspend le 14 septembre 2018,[20] puis le tribunal l'annule le 14 mars 2019, estimant la mesure ni adaptée ni proportionnée : le tribunal relève notamment que la fusillade du 27 avril 2018 s'était déroulée à 20 h, hors de la plage horaire visée.[21]
Vie politique locale
En mars 2019, la maire retire sa délégation à l'adjoint à la jeunesse et aux sports Sébastien Perrotel, son binôme au conseil départemental, après son abstention lors du vote du budget.[22] Sébastien Perrotel conduit une liste distincte au premier tour de 2020 (21,58 %).[23]
Sur la gestion de la ville, Le Parisien fait état en janvier 2020, d'après les données de la direction générale des finances publiques, d'une dette maîtrisée, d'une fiscalité stable et d'une reprise de l'investissement ; l'opposition conteste la hausse des tarifs de certains services.[24]
Élections municipales de 2020
Tête de liste d'une liste de la droite, Nicole Goueta arrive en tête du premier tour, le 15 mars 2020, avec 34,19 % des suffrages exprimés. Le second tour est reporté au 28 juin 2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Au second tour, Patrick Chaimovitch (liste « Pour Colombes, les écologistes, la gauche et les citoyens ») l'emporte avec 53,20 % des voix contre 46,79 % pour la liste de Nicole Goueta.[23] Patrick Chaimovitch est officiellement installé maire le 3 juillet 2020.[25]
| Tête de liste | Voix | % exprimés |
|---|---|---|
| Nicole Goueta | 6 684 | 34,19 % |
| Patrick Chaimovitch | 5 889 | 30,13 % |
| Sébastien Perrotel | 4 219 | 21,58 % |
| Nadia Frontigny | 1 740 | 8,90 % |
| Samuel Metias | 674 | 3,44 % |
| Michel Fabre | 339 | 1,73 % |
Participation : 42,31 % (20 052 votants pour 47 398 inscrits) ; 19 545 suffrages exprimés.[23]
| Liste | Tête de liste | Voix | % exprimés | Sièges |
|---|---|---|---|---|
| Pour Colombes, les écologistes, la gauche et les citoyens | Patrick Chaimovitch | 10 403 | 53,20 % | 41 |
| « Notre parti c'est Colombes » | Nicole Goueta | 9 150 | 46,79 % | 12 |
Participation : 42,91 % (20 397 votants pour 47 538 inscrits) ; 19 553 suffrages exprimés.[23]
Depuis 2020
Après sa défaite, Nicole Goueta siège dans l'opposition municipale jusqu'en 2026.[2] En 2024, elle soutient Joakim Giacomoni, militant des Républicains, qu'elle présente comme son successeur pour les élections de 2026.[26] Elle ne conduit aucune des huit listes de 2026 et ne figure pas parmi les 53 élus du nouveau conseil ; Joakim Giacomoni est élu maire le 27 mars 2026 (voir Élections municipales de 2026).[27]
Mandats départementaux et territoriaux
- Conseillère générale du canton de Colombes-Sud (2001-2015). Elle succède à Alain Aubert et est réélue en 2008 avec 58,97 % des voix face à la socialiste Chantal Barthélémy-Ruiz. Elle est vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, chargée de la jeunesse et des sports, à partir de juin 2007.[28][29]
- Conseillère départementale du canton de Colombes-1 (2015-2021). Élue avec Sébastien Perrotel au second tour de 2015 (54,10 % des voix face à Philippe Sarre et Fatoumata Sow), elle est vice-présidente du Département chargée de la prévention et de la sécurité publique.[30][31][2] Elle reste vice-présidente (neuvième) lors de l'élection de Georges Siffredi à la présidence du Département, le 25 mai 2020.[32] Candidate en 2021 avec Hervé Hémonet, elle est battue au second tour (48,52 %) par le binôme de la gauche, Chantal Barthélémy-Ruiz et Najib Benarafa, ce qui met fin à vingt ans de présence à l'assemblée départementale.[33]
- Établissement public territorial Boucle Nord de Seine (2016-2020). Présidente du territoire de janvier 2016 à janvier 2017, elle en est ensuite vice-présidente jusqu'en 2020.[34][35]
- Métropole du Grand Paris (2016-2020). Conseillère métropolitaine, elle préside en tant que doyenne d'âge la séance d'installation du 22 janvier 2016, jusqu'à l'élection du président, Patrick Ollier.[36][37]
Distinctions
- Chevalier de la Légion d'honneur en 2005.[1]
- Officier de la Légion d'honneur par décret du 13 juillet 2026 (Journal officiel du 14 juillet 2026), au titre du ministère de l'Intérieur : « maire honoraire de Colombes, ancienne vice-présidente du conseil départemental des Hauts-de-Seine, ancienne vice-présidente d'un établissement public territorial ».[1]
Vie personnelle
Nicole Daniel épouse Robert Gouéta, ingénieur et industriel, le 10 juillet 1957 ; le couple a trois filles.[2]
Fonctions principales
| Fonction | Période |
|---|---|
| Conseillère municipale de Colombes (opposition) | 1983-2001 |
| Maire de Colombes | 2001-2008 |
| Conseillère générale des Hauts-de-Seine (canton de Colombes-Sud) | 2001-2015 |
| Vice-présidente du conseil général (jeunesse et sports) | 2007-2011 |
| Conseillère municipale de Colombes (opposition) | 2008-2014 |
| Maire de Colombes | 2014-2020 |
| Conseillère départementale (canton de Colombes-1) | 2015-2021 |
| Vice-présidente du conseil départemental (prévention et sécurité publique) | 2015-2021 |
| Présidente puis vice-présidente de l'EPT Boucle Nord de Seine | 2016-2017, puis 2017-2020 |
| Conseillère de la Métropole du Grand Paris | 2016-2020 |
Voir aussi
Références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Décret du 13 juillet 2026 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur », Journal officiel de la République française, 14 juillet 2026, ministère de l'Intérieur, au grade d'officier : « Mme Goueta, née Daniel (Nicole, Raymonde) […]. Chevalier du 7 octobre 2005. » Texte également sur Légifrance.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 et 2,8 « Nicole Gouéta », Wikimonde Plus : copie, complétée depuis, de l'article supprimé de Wikipédia en 2018 ; notice qui s'appuie notamment sur le Who's Who in France (état civil, formation, carrière, mandats).
- ↑ Philippe Lançon, « Colombes, 5 listes pour 9 000 pavillons », Libération, cahier Métro, 30 mai 1995, p. M4 (consulté sur Europresse).
- ↑ Pascale Sauvage, « Hauts-de-Seine : Charles Pasqua met de l'ordre dans les listes RPR », Le Monde, 15 juin 1995 (article réservé aux abonnés).
- ↑ Emmanuel Potiron, « Nicole Goueta a mis fin à 36 ans de communisme », Le Parisien, 20 mars 2001.
- ↑ « 92025 - Colombes », Geneawiki, liste des maires de Colombes (Nicole Goueta : 2001-2008 et 2014-2020).
- ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Chambre régionale des comptes d'Île-de-France, Rapport d'observations définitives sur la gestion de la commune de Colombes (exercices 2001 et suivants), 19 avril 2010.
- ↑ « Colombes instaure un couvre-feu pour les mineurs », Le Monde, 17 juillet 2001.
- ↑ Dominique Foing, « Colombes augmente ses impôts pour éviter la mise sous tutelle », Le Monde, 20 février 2002 (article réservé aux abonnés).
- ↑ Christine Henry, « Rénovation des cités : Colombes espère le jackpot », Le Parisien, 29 avril 2005.
- ↑ « Nicole Gouéta maire honoraire de Colombes », rubrique « Aujourd'hui en Hauts-de-Seine », Le Parisien, 14 novembre 2008.
- ↑ « À Colombes, l'ex-maire UMP Nicole Goueta repart à la bataille », Le Parisien, 16 septembre 2013.
- ↑ « Municipales 2014 : Adeline Blondieau sur la liste UMP pour la mairie de Colombes », Ozap, 24 février 2014 (liste « Tous pour Colombes » conduite par Nicole Goueta).
- ↑ 14,0 et 14,1 « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Colombes », ministère de l'Intérieur, archives des résultats électoraux.
- ↑ « À 76 ans, Nicole Goueta (UMP) reprend les rênes de la mairie de Colombes », Le Parisien, 5 avril 2014.
- ↑ « La maire rabote les immeubles », Le Parisien, 10 janvier 2015.
- ↑ Victor Tassel, « Colombes : la ville étend (encore) la vidéo protection », Le Parisien, 15 mai 2017.
- ↑ Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, jugement du 14 mars 2019 (arrêtés des 19 et 26 octobre 2016).
- ↑ « Colombes : couvre-feu pour les moins de 17 ans », Le Courrier de l'Atlas, 26 juillet 2018.
- ↑ Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, ordonnance du 14 septembre 2018 (suspension de l'arrêté du 12 juillet 2018, requête de la Ligue des droits de l'homme).
- ↑ Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, jugement du 14 mars 2019 (annulation de l'arrêté n° 2018-3940 du 12 juillet 2018).
- ↑ Cyril Peter, « Colombes : l'adjoint rebelle privé de sa délégation par la maire », Le Parisien, 29 mars 2019.
- ↑ 23,0 23,1 23,2 et 23,3 « Élections municipales des 15 mars et 28 juin 2020, Colombes », ministère de l'Intérieur, archives des résultats électoraux.
- ↑ Olivier Bureau, Victor Alexandre et Stanislas de Livonnière, « Municipales : à Colombes, une « bonne gestion »… au détriment de la population ? », Le Parisien, 9 janvier 2020.
- ↑ Olivier Bureau, « Patrick Chaimovitch est officiellement maire de Colombes », Le Parisien, 3 juillet 2020.
- ↑ Olivier Bureau, « Municipales à Colombes : à droite, Nicole Goueta a trouvé son poulain, mais ça ne plaît pas à tout le monde », Le Parisien, 27 mars 2024.
- ↑ « Municipales 2026, Colombes : composition de la nouvelle assemblée », ministère de l'Intérieur.
- ↑ « Quatre nouveaux vice-présidents », Le Parisien, 2 juin 2007 ; pour la délégation : « Devedjian attribue les délégations aux vice-présidents », Le Parisien, 6 juin 2007.
- ↑ Résultats des élections cantonales de 2008, canton de Colombes-Sud, second tour, données ouvertes du Département des Hauts-de-Seine : Nicole Goueta 7 132 voix, Chantal Barthélémy-Ruiz 4 962.
- ↑ Résultats des élections départementales de 2015, canton de Colombes-1, second tour, données ouvertes du Département des Hauts-de-Seine : binôme Goueta–Perrotel 8 213 voix, binôme Sarre–Sow 6 968.
- ↑ « Patrick Devedjian (UMP), président d'un département encore plus « bleu » », Le Parisien, 3 avril 2015.
- ↑ Communiqué du Département des Hauts-de-Seine, 25 mai 2020 (élection de Georges Siffredi et des vice-présidents : « 9e vice-président : Nicole Gouéta »).
- ↑ Résultats des élections départementales de 2021, canton de Colombes-1, second tour, données ouvertes du Département des Hauts-de-Seine : binôme Barthélémy-Ruiz–Benarafa 6 281 voix, binôme Goueta–Hémonet 5 920.
- ↑ Anne-Sophie Damecour, « Sept villes s'unissent sans passion dans la Boucle nord de Seine », Le Parisien, 12 janvier 2016.
- ↑ « Alain-Bernard Boulanger prend la tête du territoire Boucle nord de Seine », Le Parisien, 18 janvier 2017.
- ↑ Procès-verbal du conseil métropolitain du 22 janvier 2016, Métropole du Grand Paris.
- ↑ « Grand Paris : Patrick Ollier élu président de la métropole », Le Journal du Grand Paris, 22 janvier 2016.
Liens externes
- Nicole Gouéta sur Wikimonde (l'article de Wikipédia a été supprimé en 2018)