MJC-Théâtre de Colombes
La MJC-Théâtre de Colombes (MJC-TC) est une maison des jeunes et de la culture, association loi de 1901 fondée en 1953 et installée 96-98, rue Saint-Denis. C'est l'une des plus anciennes MJC de France : créée cinq ans seulement après la Fédération française des MJC, elle a compté jusqu'à près de quatre mille adhérents.
Son bâtiment, conçu par l'architecte Henry Pottier et ouvert au milieu des années 1960, s'élève sur le site de l'ancien château de la reine Henriette. Sous la direction de Claude Dade-Brenjot, qui la dirigea pendant près d'un demi-siècle, elle devint à partir des années 1970 un rendez-vous de la danse moderne d'audience internationale, accueillant en résidence le chorégraphe américain Matt Mattox et, autour du festival des Rencontres de la Toussaint, une part du gotha chorégraphique de l'époque.
| Forme juridique | Association loi de 1901 |
|---|---|
| Fondation | 1953 |
| Affiliation | Fédération française des MJC (1954) |
| Siège | 96-98, rue Saint-Denis |
| Bâtiment | Henry Pottier, années 1960 |
| Surface | 4 000 m² |
| Présidente | Catherine Haegel |
| RNA | W922000893 |
| SIREN | 775 724 214 |
| Label | SDEA 92 (enseignement artistique) |
Histoire
1953 : l'une des premières MJC de l'après-guerre
La Fédération française des maisons des jeunes et de la culture naît en 1948, dans le sillage des idées de Léo Lagrange sous le Front populaire et de la République des jeunes, mouvement issu de la Résistance. C'est par la mobilisation de plusieurs mouvements de jeunesse — la Jeunesse ouvrière chrétienne, le Mouvement des auberges de jeunesse, l'Union nationale des jeunes communistes et républicains — que la jeunesse colombienne se dote en 1953 de l'association à l'origine de l'une des premières MJC de l'après-guerre[1]. L'association s'affilie à la Fédération dès l'année suivante[2].
Les activités démarrent avec quelques centaines d'adhérents dans « la baraque », un bâtiment provisoire en bois de la rue de la Reine-Henriette[n 1][1][2].
1959-1965 : le bâtiment d'Henry Pottier
Dès 1954, Marcelle Devaud — alors conseillère de la République pour la Seine, qui deviendra en 1959 la première femme maire de Colombes — s'engage à pérenniser la maison en lançant un projet de construction en dur[n 2][2]. La conception d'un édifice d'envergure est confiée en 1959 à l'architecte Henry Pottier, grand prix de Rome, assisté de Jean Tessier. Le programme est l'aboutissement d'une concertation entre la municipalité, l'association et l'architecte ; long à mûrir, il répond à de multiples demandes, alors que peu d'établissements comparables peuvent servir de modèle[1].
Marcelle Devaud pose la première pierre en 1962. L'équipement est inauguré sur le site de l'ancien château de la reine Henriette par Dominique Frelaut, nouvellement élu maire[1][n 3]. Entre-temps, le nombre d'adhérents a triplé[2].
1967 : la maison devient « MJC-TC »
En 1967, la MJC devient la « MJC-TC », les initiales désignant le Théâtre de Colombes. L'édifice est destiné avant tout à la pratique culturelle : les adhérents y disposent d'une discothèque avec écoute musicale, d'ateliers d'arts plastiques, d'un laboratoire photographique, d'un gymnase et de salles de danse et de sport. Un théâtre de 320 places, une salle polyvalente de 510 places en gradins, un hall d'expositions et un ciné-club complètent l'offre[1].
Quelques années plus tard, la maison approche les 4 000 adhérents[2]. Jusqu'à la construction de l'Avant Seine en 1991, sa programmation de spectacles attire un public bien au-delà de Colombes[1].
Un haut lieu de la danse moderne
Centre international d'échanges doté d'un restaurant en rez-de-jardin et de chambres à l'étage pour les artistes de passage, la maison met ses deux salles de spectacle au service de la danse moderne. Elle organise un festival annuel, les Rencontres de la Toussaint, décrit par la Ville comme un « rendez-vous incontournable du milieu artistique »[1].
À partir des années 1970, le danseur, chorégraphe et pédagogue américain Matt Mattox, l'une des figures majeures du modern jazz du XXe siècle, y tient une résidence régulière. Ancien enseignant de la Joffrey School de Chicago, il a introduit la danse jazz en France et contribué à la création de la compagnie Ballet Jazz Art[1][3].
Parmi les participants des ateliers de Colombes, Joseph Russillo (né en 1938) devint enseignant à l'Opéra de Paris. La maison accueillit ensuite ballets, stages et résidences conduits par Carolyn Carlson, Wayne Barbaste — fondateur du Centre chorégraphique Calabash de Lyon —, Bruce Taylor, professeur de jazz à l'École de danse de l'Opéra de Paris, et le chorégraphe d'origine roumaine Gigi Caciuleanu[1]. Dans les années 1990, le chorégraphe Alvin McDuffie y anima également des stages[1].
Les Rencontres de la Toussaint se sont poursuivies durablement : leur 47e édition s'est tenue du 24 au 29 octobre 2022, associant une semaine de stages — atelier chorégraphique, classique, moderne, lyrical jazz, ragga dancehall, barre à terre — à une soirée de rencontres chorégraphiques accueillant plusieurs compagnies[4].
Claude Dade-Brenjot (1934 ou 1935-2026)
Claude Dade-Brenjot est mort le 22 janvier 2026, à l'âge de 91 ans. La MJC le présente comme son fondateur en 1953 et rappelle qu'il l'a dirigée pendant près d'un demi-siècle[3][n 4].
Durant ces cinq décennies, il s'est consacré à l'accès à la culture de générations de jeunes souvent éloignés des pratiques culturelles — séances de cinéma pour enfants, ciné-clubs pour adolescents, spectacles, rencontres avec des artistes et ateliers pédagogiques. C'est à lui que la MJC doit son rayonnement international à partir des années 1970, par la danse moderne et les Rencontres de la Toussaint[3]. Soutien de la création contemporaine, il accueillit également le calligraphe Hassan Massoudy, le peintre Jean Leppien ou le sculpteur Stahly[1].
L'architecture
La pluridisciplinarité voulue par le programme se lit dans la conception de l'équipement, chaque activité recevant un traitement propre : façade de verre pour le hall, murs occultants pour les salles de spectacle, grande hauteur de plafond pour le gymnase[1].
Henry Pottier s'est référé à une expression fonctionnaliste typique des années 1960 — le bâtiment principal égrène de simples bandeaux vitrés — mais il la dépasse en introduisant des ruptures : un parement de bois sur les façades donnant sur le patio, et un passage couvert menant aux salles de spectacle, qui théâtralise l'accueil. La maison était initialement bordée d'une voie prolongeant la rue Thomas-d'Orléans, section disparue depuis la construction de l'Avant Seine ; tout s'ordonnait alors autour du patio, qui donnait à voir l'entrée et la façade principales. L'accès fut ensuite déporté sur le flanc gauche, ce qui masque l'étendue des différents modules[1].
Le patio est orné des Grandes fleurs du sculpteur Stahly[1].
Des modifications sont intervenues au début des années 1990, avec l'ajout de la réception vitrée, puis en 2006 avec une entrée indépendante pour le self municipal, rue de la Reine-Henriette. Le premier étage, inoccupé depuis 2008, a été réhabilité au début des années 2020 pour accueillir la Maison pour l'emploi[1].
Le bâtiment aujourd'hui
La MJC occupe un bâtiment de 4 000 m²[n 5] comprenant deux studios de danse et d'activités de forme et bien-être, un gymnase de 800 m² modulable en salle de spectacle de 490 places, un mur d'escalade, un théâtre-cinéma de 280 places, une cafétéria ouvrant sur un jardin, quatre salles polyvalentes, une salle de poterie, un dojo et deux espaces d'exposition[5].
Activités et vie associative
Pour la saison 2026-2027, la MJC annonce plus de 80 activités dans les domaines des arts, de la culture et du sport, et près de cinquante événements dans l'année. La saison voit le développement d'un secteur numérique destiné aux jeunes — musique assistée par ordinateur, création de jeux vidéo, programmation — ainsi que le lancement de « Clubs » permettant aux adhérents de transmettre eux-mêmes un savoir-faire[5].
La danse y conserve une place centrale, avec un éventail allant de l'éveil et du classique au modern jazz, au contemporain, au hip-hop, au street, aux danses afro, orientale et flamenco, jusqu'à la K-pop[5].
La MJC est labellisée SDEA 92, structure d'enseignement artistique au titre du schéma départemental des Hauts-de-Seine, pour les arts visuels, la danse, la musique et le théâtre[5].
L'association est présidée par Catherine Haegel. Le maire de Colombes et l'adjointe chargée de la vie associative siègent de droit à son conseil d'administration[2]. Enregistrée sous le numéro RNA W922000893 et le SIREN 775 724 214, elle relevait en 2023 de la tranche d'effectif de 20 à 49 salariés[6].
Événements
Outre sa programmation de spectacles, la MJC accueille plusieurs rendez-vous réguliers : le festival d'improvisation Seine d'impro, les Rencontres cinématographiques, les stages du dimanche pour adultes, les spectacles de fin d'année des ateliers, la Grande Lessive et le tremplin Première Seine[7].
En mars 2026, l'exposition « Alors, on danse ! » a réuni les œuvres des ateliers de peinture sur soie et de zen art autour du thème de la danse, son vernissage coïncidant avec Norouz, le nouvel an iranien[8].
Archives et sources iconographiques
Le fonds photographique relatif à la MJC est conservé par les Archives communales de Colombes et le musée municipal d'art et d'histoire. Le dossier Mémoires du magazine municipal de février 2022 en reproduit huit pièces, dont les légendes identifient la provenance[1] :
| Document | Date | Fonds |
|---|---|---|
| La MJC-Théâtre de Colombes pour ses 60 ans | 2013 | Archives communales de Colombes |
| Le patio orné des Grandes fleurs de Stahly | 2010 | Archives communales de Colombes |
| Façade donnant sur la rue de la Reine-Henriette (carte postale) | Années 1970-1980 | Musée municipal d'art et d'histoire |
| Façade ouvrant sur la rue Thomas-d'Orléans (carte postale) | Années 1970-1980 | Musée municipal d'art et d'histoire |
| Entrée des spectateurs sous le portique | Années 1970 | Archives communales de Colombes |
| Concert du chanteur de blues Patrick Verbeke | 1998 | Archives communales de Colombes |
| Rencontre avec des enfants | Années 1990 | Archives communales de Colombes |
| Stage de danse avec le chorégraphe Alvin McDuffie | Années 1990 | Archives communales de Colombes |
Ces documents ne sont pas reproduits ici : ils restent la propriété des fonds qui les conservent. Le numéro de Vivre à Colombes qui les publie est en revanche consultable sur le wiki, à la page Vivre à Colombes n° 10.
Le service des Archives municipales, installé 14-16, place Henri-Neveu, conserve par ailleurs les affiches, photographies et documents administratifs relatifs à la vie culturelle de la commune.
Voir aussi
- Conservatoire Charles-Aznavour
- Rue de la Reine-Henriette
- La Cave à Théâtre
- Marcelle Devaud
- Dominique Frelaut
- Magazine municipal
- Actualités colombiennes
- Portail:Quartiers de Colombes
Sur Wikipédia
Notes
- ↑ Le magazine municipal situe ce baraquement au 17 de la rue ; la MJC le décrit pour sa part comme installé à l'emplacement de l'actuel conservatoire Charles-Aznavour, qui occupe le 25 de la même rue.
- ↑ La MJC la présente comme maire dès 1954 ; elle n'accède en réalité à la mairie qu'en mars 1959 et siégeait alors au Conseil de la République pour le département de la Seine.
- ↑ Le magazine municipal date l'inauguration de 1965, la MJC de 1966. La première date s'accorde avec l'élection de Dominique Frelaut, devenu maire le 19 mars 1965.
- ↑ Les deux récits ne se contredisent pas nécessairement : le magazine municipal attribue la création de l'association à la mobilisation collective de plusieurs mouvements de jeunesse, dont Claude Dade-Brenjot, alors âgé d'une vingtaine d'années, a pu faire partie.
- ↑ La page « Les espaces » du site de la MJC avance de son côté une superficie d'environ 5 000 m².
Références
- ↑ 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 1,11 1,12 1,13 1,14 et 1,15 « La MJC, joyau de l'éducation populaire », rubrique Mémoires, dans Vivre à Colombes n° 10, février 2022, p. 40-41.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 L'association — Historique, MJC-Théâtre de Colombes.
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « Merci Monsieur Dade-Brenjot ! », dans Les ateliers, saison 26-27, MJC de Colombes, p. 3.
- ↑ Dansez — 47es Rencontres de la Toussaint, du 24 au 29 octobre 2022, MJC-Théâtre de Colombes.
- ↑ 5,0 5,1 5,2 et 5,3 Les ateliers, saison 26-27, MJC de Colombes.
- ↑ Fiche de l'association, Annuaire des entreprises, direction interministérielle du numérique.
- ↑ Programmation culturelle, MJC-Théâtre de Colombes.
- ↑ Alors, on danse !, MJC-Théâtre de Colombes, mars 2026.