Élections municipales de 2026
Les élections municipales se sont tenues à Colombes les 15 et 22 mars 2026, comme dans tout le reste de la France, pour pourvoir les 53 sièges du conseil municipal ainsi que 2 sièges au conseil de la Métropole du Grand Paris. Seize sièges étaient par ailleurs à pourvoir au conseil de l'établissement public territorial Boucle Nord de Seine. Le maire sortant était Patrick Chaimovitch.
Huit listes se sont présentées au premier tour. Aucune n'ayant atteint la majorité absolue, un second tour a opposé deux listes seulement : les trois listes de gauche arrivées en position de se maintenir ont fusionné derrière le maire sortant, tandis que Joakim Giacomoni (Les Républicains) a refusé toute alliance[1].
La liste « Colombes est une chance » l'a emporté au second tour avec 54,48 % des suffrages exprimés, et 41 des 53 sièges. Joakim Giacomoni a été élu maire par le conseil municipal le 27 mars 2026[2]. Il succède à Patrick Chaimovitch, qui siège désormais dans l'opposition.
Contexte politique[modifier | modifier le wikicode]
En mars 2020, la liste de la gauche unie conduite par Patrick Chaimovitch se trouvait en ballottage défavorable à l'issue du premier tour des élections municipales ; la victoire semblait être promise à la liste menée par la Maire sortante Nicole Gouéta.
Alors en pleine pandémie, le second tour a été reporté au 28 juin 2020, ce qui a rebattu les cartes et qui a permis finalement à la liste de gauche de l'emporter sur le fil. C'est donc une Municipalité de gauche qui a dirigé la Ville pendant six ans, avec une politique fortement axée sur la transition écologique et la justice sociale. À l'issue du mandat, le bilan semble bien assumé par la Majorité ; néanmoins, des tensions sont apparues quant à la Gouvernance Politique et des conflits virulents n'ont pas permis de proposer une nouvelle liste unie pour 2026. C'est donc une gauche divisée qui est repartie à la quête des suffrages colombiens[3][4].
À droite, l'opposition a fait bloc durant le mandat pour combattre la politique de la Majorité. Toutefois, c'est également divisée que cette opposition s'est présentée à ce nouveau suffrage[5].
Pour la première fois depuis 1995, une liste d'extrême droite s'est présentée, sous l'étiquette Rassemblement national.
Colombes étant la plus grande ville d'Île-de-France dirigée par un écologiste, le scrutin a été suivi au-delà du département[6][7].
Listes engagées[modifier | modifier le wikicode]
Au 27 février 2026, huit listes étaient officiellement engagées. Elles sont présentées dans l'ordre électoral qui leur a été attribué.
- "Ensemble, révélons Colombes" - menée par Amélie Delattre - Renaissance, MoDem.
- "Colombes, C vous !" - menée par Nadia Frontigny - Liste citoyenne.
- "Colombes est une chance" - menée par Joakim Giacomoni - Les Républicains, Horizons, le Nouveau Centre et l'UDI.
- "Faire entendre le camp des travailleurs" menée par Julien Puertas - Lutte Ouvrière.
- "Avec vous pour Colombes" - menée par Patrick Chaimovitch - Les Écologistes (ex-EELV), Génération·s, Motivé-e-s, le Parti animaliste.
- "Colombes Populaire" menée par Jordan Robichon - La France insoumise.
- "Colombes en ordre" menée par René Kimbassa - Rassemblement national.
- "Colombes en mieux" - menée par Valentin Narbonnais - Parti Socialiste, Place Publique, PRG.
Chaque liste était constituée de 55 candidat·e·s — le nombre de sièges à pourvoir plus deux — avec parité obligatoire. Les noms de toutes ces personnes sont disponibles dans ce document.
Sondage[modifier | modifier le wikicode]
Un sondage a été réalisé début février à la demande du candidat Joakim Giacomoni. Il étudiait deux scénarios, avec ou sans la présence du RN et en présence du candidat Ali Aram, qui a fusionné avec Nadia Frontigny courant février. Réalisé par Cluster17, il a été officialisé par la commission des sondages.
Lien vers le document présentant le sondage
Les intentions de vote[modifier | modifier le wikicode]
Le sondage plaçait dans les deux cas Joakim Giacomoni en tête des intentions de vote, avec entre 23 et 28 % au premier tour. Les trois listes suivantes représentaient l'éventail de gauche, pour un score cumulé d'environ 53 %. Le RN, qui présentait une liste pour la première fois depuis 1995, y était crédité de 8 %.
Ce sondage mettait en évidence l'enjeu de l'entre-deux-tours : toutes les listes de gauche semblaient en position de se maintenir, ce qui promettait une négociation particulièrement difficile pour les fusions éventuelles. À droite, les candidates dissidentes avaient elles aussi une carte à jouer dans la fusion, jugée alors indispensable pour espérer la victoire. Si le RN avait franchi les 10 %, une triangulaire devenait probable.
Le scrutin a en partie démenti ces projections. Joakim Giacomoni a devancé sa fourchette de sondage, avec 31,81 % des suffrages exprimés ; le Rassemblement national est resté sous les 5 % (4,13 %), écartant l'hypothèse d'une triangulaire ; et la fusion des listes de droite et du centre, présentée comme la condition de la victoire, n'a pas eu lieu — Joakim Giacomoni l'a emporté sans elle.
Interviews[modifier | modifier le wikicode]
Deux associations ont mené des interviews des candidats :
- Colombes Transition a interrogé les têtes de listes en visio pendant 30 minutes sur le thème de la Transition Écologique. À visionner sur Youtube.
- La Cave à Théâtre, via sa Radio Bandes Passantes, a reçu les candidats au micro pour une émission "1 heure pour convaincre". À écouter sur le site de la radio.
De plus, un groupe d'associations (Colombes Respire, Colombes à Vélo et Rue de l'Avenir) a rédigé un Livre blanc qui a été signé par certains candidats, proposant des engagements pour une transition écologique et solidaire.
Résultats du premier tour[modifier | modifier le wikicode]
Le premier tour s'est tenu le dimanche 15 mars 2026. Aucune liste n'a atteint la majorité absolue.
| Liste | Tête de liste | Étiquettes | Voix | % |
|---|---|---|---|---|
| Colombes est une chance | Joakim Giacomoni | LR, Horizons, Soyons libres, UDI, Parti radical, Les Centristes | 8 674 | 31,81 |
| Avec vous pour Colombes | Patrick Chaimovitch | Les Écologistes, Génération·s, GRS, PCF, Debout !, Parti animaliste, Motivés pour Colombes | 4 971 | 18,23 |
| Colombes en mieux | Valentin Narbonnais | PS, Place publique, PRG, Génération écologie, MRC, La Convention, Colombes notre force | 4 326 | 15,86 |
| Colombes Populaire | Jordan Robichon | La France insoumise | 2 924 | 10,72 |
| Colombes C Vous | Nadia Frontigny | LR dissidents, Alliance centriste, Renaissance dissidents | 2 522 | 9,25 |
| Ensemble, révélons Colombes | Amélie Delattre | Horizons dissidents, MoDem, Renaissance | 2 486 | 9,12 |
| Colombes en ordre | René Kimbassa | RN, UDR, L'Avenir français | 1 127 | 4,13 |
| Lutte ouvrière — Le camp des travailleurs | Julien Puertas | Lutte ouvrière | 241 | 0,88 |
| Nombre | % | |
|---|---|---|
| Inscrits | 52 214 | — |
| Abstentions | 24 258 | 46,46 |
| Votants | 27 956 | 53,54 |
| Votes blancs | 685 | 2,54 |
| Votes nuls | 0 | 0 |
| Suffrages exprimés | 27 271 | 97,55 |
Quatre listes ont dépassé le seuil de 10 % des suffrages exprimés qui autorise le maintien au second tour : celles de Joakim Giacomoni, de Patrick Chaimovitch, de Valentin Narbonnais et de Jordan Robichon. Deux listes se situaient entre 5 % et 10 %, seuil qui permet la fusion avec une liste maintenue : celles de Nadia Frontigny et d'Amélie Delattre. La liste du Rassemblement national, avec 4,13 %, n'a pu ni se maintenir ni fusionner[8].
Les résultats bureau de vote par bureau de vote ont été publiés par la Ville dans le supplément « Spécial élections » de Colombes Actus[9], et une cartographie indépendante les restitue à l'adresse maps.laignel.fr/colombes.
L'entre-deux-tours[modifier | modifier le wikicode]
Les trois listes de gauche en position de se maintenir ont fusionné en une liste unique conduite par le maire sortant, sous le nom « Avec vous pour Colombes, Populaire, Écologiste et Solidaire ». Le Parisien décrit une union « nouée dans la douleur »[10], après une campagne où les rapports entre La France insoumise et le maire sortant avaient déjà connu un rapprochement puis une rupture[11][4].
De son côté, Joakim Giacomoni a refusé toute fusion avec les deux listes de droite et du centre éliminées, celles de Nadia Frontigny et d'Amélie Delattre[1].
Le second tour s'est donc joué à deux listes.
Résultats du second tour[modifier | modifier le wikicode]
Le second tour s'est tenu le dimanche 22 mars 2026.
| Liste | Tête de liste | Voix | % | Sièges au conseil municipal | Sièges à la Métropole |
|---|---|---|---|---|---|
| Colombes est une chance | Joakim Giacomoni | 15 265 | 54,48 | 41 | 2 |
| Avec vous pour Colombes, Populaire, Écologiste et Solidaire | Patrick Chaimovitch | 12 757 | 45,52 | 12 | 0 |
| Nombre | % | |
|---|---|---|
| Inscrits | 52 226 | — |
| Abstentions | 22 870 | 43,79 |
| Votants | 29 356 | 56,21 |
| Votes blancs | 1 334 | 4,54 |
| Votes nuls | 0 | 0 |
| Suffrages exprimés | 28 022 | 95,46 |
La participation a progressé de près de trois points entre les deux tours, passant de 53,54 % à 56,21 %[8].
Le nouveau conseil municipal[modifier | modifier le wikicode]
La répartition des sièges applique la règle des scrutins de liste : la liste arrivée en tête reçoit d'abord la moitié des sièges arrondie à l'entier supérieur, soit 27 sièges sur 53 ; les 26 sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre les deux listes. La liste « Colombes est une chance » obtient ainsi 41 sièges et la liste d'union de la gauche 12 sièges[8].
Le conseil municipal s'est réuni le 27 mars 2026 pour élire le maire et les vingt adjoints[2]. La composition détaillée, avec les délégations de chaque élu, figure sur la page Conseil Municipal/Élus.
Patrick Chaimovitch siège dans l'opposition, aux côtés des élus issus de la liste d'union, répartis en trois groupes : Avec vous pour Colombes, Colombes en mieux et La France insoumise – Colombes populaire.
En cours de mandat, Malik Benbelaid, élu sur la liste d'union et membre du groupe Colombes en mieux, a rejoint la majorité municipale, où il siège sans délégation. L'opposition ne compte donc plus que onze conseillers, contre douze au soir du second tour[n 1].
Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]
- Conseil Municipal/Élus — les 53 élus et leurs délégations
- Les élus du mandat 2020-2026
- Conseil Municipal
- Actualités colombiennes
Liens externes[modifier | modifier le wikicode]
- Résultats officiels pour Colombes, ministère de l'Intérieur
- Cartographie des résultats bureau par bureau
- Élections municipales de 2026 dans les Hauts-de-Seine, Wikipédia — section consacrée à Colombes
Notes[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ Ce changement de groupe explique l'écart entre les douze sièges attribués à la liste d'union le 22 mars 2026 et les onze conseillers d'opposition recensés sur la page Conseil Municipal/Élus.
Références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ 1,0 et 1,1 Olivier Bureau, « Trois ans de terrain, refus des alliances : la stratégie payante de Joakim Giacomoni (LR) aux municipales à Colombes », Le Parisien, 23 mars 2026.
- ↑ 2,0 et 2,1 Délibération D2026-03-27-01 — Élection du maire et D2026-03-27-03 — Élection des adjoints au maire, Ville de Colombes, 27 mars 2026.
- ↑ Thomas Rideau, « Municipales 2026 à Colombes : à gauche, l'adjoint Valentin Narbonnais candidat face à son maire », actu.fr, 12 décembre 2025.
- ↑ 4,0 et 4,1 Olivier Bureau, « Municipales à Colombes : entre LFI et le maire écolo Patrick Chaimovitch, la lune de miel aura duré… une semaine ! », Le Parisien, 23 janvier 2026.
- ↑ Anne-Sophie Damecour, « Municipales dans les Hauts-de-Seine : à l'instar de Gabriel Attal, Renaissance se fond dans le décor (de droite) », Le Parisien, 25 janvier 2026.
- ↑ « C'est la plus grande ville d'Île-de-France détenue par un écologiste. À Colombes, l'issue de la bataille pour les municipales s'annonce très incertaine », France 3 Paris Île-de-France.
- ↑ Ludovic Vigogne, « Quimper, Périgueux, Laval, Colombes : ces villes girouettes à surveiller », La Tribune Dimanche, 12 mars 2026.
- ↑ 8,0 8,1 et 8,2 Colombes (92025) — Élections municipales 2026, ministère de l'Intérieur.
- ↑ Résultats des élections, bureau par bureau, Colombes Actus, supplément « Spécial élections », avril 2026.
- ↑ Olivier Bureau, « Municipales à Colombes : comment s'est nouée, dans la douleur, l'union de la dernière chance à gauche », Le Parisien, 17 mars 2026.
- ↑ Olivier Bureau, « Municipales à Colombes : LFI se range derrière le maire écolo », Le Parisien, 11 janvier 2026.