Rue Saint-Denis
La rue Saint-Denis est une voie de communication située dans le centre historique de Colombes.
Elle constitue l'une des voies anciennes structurantes du bourg de Colombes. Son tracé est attesté dans la structure urbaine ancienne de la commune et demeure aujourd'hui un axe majeur du centre-ville[1]
Situation et accès[modifier | modifier le wikicode]
La rue Saint-Denis traverse le centre ancien de Colombes selon un axe globalement est-ouest. Elle commence à l'ouest au niveau de la rue de l'Égalité et se prolonge jusqu'aux abords de la gare de Colombes, où elle rejoint notamment la rue du Bournard, l'avenue Ménelotte, la rue Victor-Hugo et l'avenue de l'Agent-Sarre[2].
Dans sa partie centrale, elle croise notamment la rue Ambroise-Paré, le boulevard Edgar-Quinet, la rue Gay-Lussac, la rue de la Reine-Henriette, le boulevard de Valmy et la rue de Verdun.
Origine du nom[modifier | modifier le wikicode]
Le nom de la rue renvoie à Saint-Denis, ancienne ville royale et siège de l'abbaye de Saint-Denis. La voie constituait un axe ancien de circulation vers le nord de la région parisienne.
La rue doit toutefois être distinguée des nombreuses autres voies portant le même nom en Île-de-France : son tracé et son histoire sont directement liés à l'ancien bourg de Colombes.
Histoire[modifier | modifier le wikicode]
Le bourg ancien[modifier | modifier le wikicode]
La rue Saint-Denis appartient à la trame viaire ancienne de Colombes. À partir du Moyen Âge, le village se développe autour de l'ancienne église Saint-Pierre-Saint-Paul. Les Archives des Hauts-de-Seine situent le noyau urbain d'origine entre la rue Saint-Denis et la rue Beaurepaire, cette dernière étant prolongée par la rue du Bournard[1].
Historiquement, la rue constituait l'une des principales voies du bourg. La rue Saint-Denis traversait alors le village et desservait les chemins conduisant notamment vers Nanterre, Rueil-Malmaison et Bezons, tandis que son prolongement oriental donnait accès aux chemins de Gennevilliers et d'Asnières-sur-Seine[1].
Une partie du bâti ancien conservé le long de la rue témoigne de cette fonction de rue de village. Certaines constructions anciennes présentent notamment des portes cochères et des dispositions correspondant à des bâtiments agricoles ou à des maisons de bourg[1].
Les domaines nobiliaires[modifier | modifier le wikicode]
À partir des XVIIe et XVIIIe Siècles, plusieurs domaines aristocratiques sont établis autour du bourg de Colombes. Leur développement transforme progressivement les abords de la rue Saint-Denis.
Parmi ces propriétés figurent les domaines associés à Henriette-Marie de France, reine d'Angleterre et épouse de [[Charles Ier d'Angleterre. Réfugiée en France après la guerre civile anglaise, elle s'installe à Colombes en 1657.
Un premier domaine se trouve dans l'axe de la rue Saint-Denis. Son parc s'étendait largement autour de la demeure royale. L'actuel square Edgar-Quinet occupe une partie de l'ancien parc[3].
Au nord de la rue Saint-Denis se trouvait également un second domaine acquis par la reine en 1662. Ces propriétés participent à la formation d'un paysage composé de grands jardins et de domaines clos autour du bourg.
La plupart de ces domaines disparaissent au cours des XIXe et XXe siècles. L'un des principaux vestiges encore conservés est l'Hôtel de Courtanvaux, situé rue Saint-Denis[3].
Le chemin de fer et la transformation du centre[modifier | modifier le wikicode]
L'arrivée du chemin de fer au XIXe siècle modifie profondément l'organisation de Colombes.
Une ligne ferroviaire reliant Paris à Saint-Germain-en-Laye traverse déjà le territoire communal à partir de 1837. Une nouvelle ligne en direction d'Argenteuil est ensuite mise en service au milieu du siècle. La gare de Colombes est inaugurée en 1851 selon les sources historiques consacrées à la gare[4].
La présence de la gare à proximité de la rue Saint-Denis contribue à renforcer progressivement la fonction commerciale et urbaine de cette dernière.
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la croissance démographique et l'arrivée de nouvelles populations entraînent la densification du centre de Colombes.
Le lotissement Lisch[modifier | modifier le wikicode]
En 1893, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest entreprend un important projet immobilier sur des terrains situés à proximité de la gare du Centre.
La compagnie confie le projet à l'architecte Juste Lisch. Celui-ci conçoit un ensemble comprenant des immeubles de rapport donnant sur la rue Saint-Denis ainsi qu'un lotissement de maisons desservi notamment par les rues Saint-Hilaire et Saint-Lazare[5].
Deux immeubles de rapport encadrent l'accès au lotissement depuis la rue Saint-Denis. Leur architecture se caractérise notamment par l'emploi décoratif de briques de différentes couleurs. Les immeubles portent la date de 1893[5].
Le lotissement constitue l'un des ensembles résidentiels remarquables de la transformation de Colombes à la fin du XIXe siècle.
Urbanisation du XX siècle[modifier | modifier le wikicode]
Au tournant des XIX et XX siècles, les grands domaines qui entouraient autrefois le centre sont progressivement lotis. De nouvelles rues sont ouvertes et les îlots anciens sont subdivisés.
Le secteur de la rue Saint-Denis connaît alors une densification importante. Des immeubles de rapport remplacent progressivement certaines constructions plus anciennes et de nouveaux équipements apparaissent dans le centre-ville[6].
La rue conserve néanmoins des témoignages de plusieurs périodes de l'histoire urbaine de Colombes, depuis les maisons de bourg jusqu'aux immeubles de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.
Bâtiments et lieux remarquables[modifier | modifier le wikicode]
Hôtel de Courtanvaux[modifier | modifier le wikicode]
L'Hôtel de Courtanvaux constitue l'un des discrets témoignages des anciens domaines nobiliaires de Colombes encore conservés, et le seul vestige encore existant des grands domaines nobiliaires qui entouraient le bourg aux XVIIe et XVIIIe siècles[3]. Ses jardins, dont le square des Oiseaux est une survivance, s'étendaient jusqu'au [[Boulevard Gambetta]. Morcelé en lotissements et coupé par la voie ferrée, bombardé pendant la 2e Guerre mondiale, il survit derrière une façade des années 1950, caché derrière des boutiques de la rue Saint-Denis.
Lotissement Lisch[modifier | modifier le wikicode]
Le secteur du lotissement Lisch, aménagé à partir de 1893, comprend plusieurs constructions remarquables autour des rues Saint-Denis, Saint-Hilaire et Saint-Lazare.
L'ensemble est associé à l'architecte Juste Lisch et à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Il est construit, justement, sur l'un des lots du domaine de Courtanvaux.[5].
La gare de Colombes[modifier | modifier le wikicode]
À l'extrémité orientale de la rue se trouve la gare de Colombes, desservie par la ligne J du Transilien. La présence de la gare a joué un rôle majeur dans le développement urbain du centre de Colombes au XIXe siècle.
La première gare provisoire était l'ancien observatoire astronomique du Marquis de Courtanvaux, installé dans une des tourelle de la plus ancienne encore Porte Saint-Denis, qui marquait l'enceinte Est du bourg.
L'Avant Seine – Théâtre de Colombes[modifier | modifier le wikicode]
Au n°88 se trouve l'Avant Seine / Théâtre de Colombes.
L'équipement culturel est inauguré en janvier 1991 sous le nom de « Salle des fêtes et de spectacles ». L'association gestionnaire avait été créée le 28 novembre 1990. En 2003, l'établissement adopte le nom de « L'Avant-Seine / Théâtre de Colombes »[7].
Square Edgar-Quinet[modifier | modifier le wikicode]
Le square Edgar-Quinet occupe une partie de l'ancien domaine de la reine Henriette-Marie.
Après la disparition de la demeure et la transformation du domaine, un jardin public est aménagé sur une partie de l'ancien parc. Le square est créé au début du XXe siècle et porte aujourd'hui le nom d'Edgar Quinet[3].
Patrimoine et évolution contemporaine[modifier | modifier le wikicode]
La rue Saint-Denis conserve une juxtaposition caractéristique des différentes étapes du développement de Colombes : maisons de l'ancien bourg, vestiges des grands domaines nobiliaires, lotissements de la fin du XIXe siècle, immeubles de rapport et équipements culturels contemporains.
Elle constitue ainsi l'un des axes où la transformation de Colombes, d'un ancien village agricole en commune fortement urbanisée de la proche banlieue parisienne, est particulièrement lisible.
Fortement piétonnisée lors d'une réfection massive de la voirie en 2014 (partage entre zones de rencontre et aires piétonnes), elle a vu son statut modifié par un arrêté municipal en mai 2026[8] afin d'y interdire strictement la circulation des vélos et trottinettes électriques sur tout le tronçon entre la gare et le boulevard de Valmy, y compris dans les zones de rencontre (par nature ouvertes à la circulation générale), ce qui pose la question de la légalité de l'arrêté.
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Le patrimoine résidentiel à Colombes, de l'Ancien Régime aux années 1850,Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine
- ↑ Rue Saint-Denis (Wikipédia)
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Les domaines nobiliaires de l'Ancien Régime, Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine
- ↑ Gare de Colombes, Wikipédia
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Le lotissement Lisch, Archives communales et Valorisation du patrimoine de Colombes
- ↑ Plan local d'urbanisme de Colombes, rapport de présentation
- ↑ Notice de collectivité : L'Avant-Seine, Bibliothèque nationale de France
- ↑ Lien de téléchargement de l'arrêté, Colombes.fr