Aller au contenu

Espace naturel Anita-Conti

De WikiColombes

L'espace naturel Anita-Conti est un parc public en cours de création à Colombes. Situé dans le quartier de la Petite-Garenne selon l'aménageur[1], il relève depuis le découpage de 2026 du quartier Europe – Plateau[2]. Il s'étend sur d'anciennes parcelles agricoles restées en friche, au cœur de l'« îlot 26 », entre la rue Gabriel-Péri et la rue d'Estienne-d'Orves, le long du passage Marcel-Pagnol qui dessert le groupe scolaire du même nom[3][1]. Le conseil municipal lui a donné en février 2026 le nom de l'océanographe Anita Conti[4].

Longtemps réservé à des logements, l'îlot est destiné à un parc depuis 2021[5]. D'environ un hectare à terme, le parc se réalise par tranches : le chantier de la première, de 3 250 m², démarre en octobre 2026, après l'abattage de 61 arbres, pour une ouverture annoncée à l'été 2027[3][6][n 1].

Le passage Marcel-Pagnol vu depuis la rue Gabriel-Péri, en avril 2024 : à gauche l'école, à droite la végétation des terrains de l'îlot 26. Photo Chabe01, CC BY-SA 4.0.

Situation[modifier | modifier le wikicode]

Le parc occupe le côté sud-ouest du passage Marcel-Pagnol, une voie réservée aux piétons et aux cyclistes[11], face à l'entrée de l'école[12]. Sur le plan de l'aménageur, il comprend une grande emprise à l'angle de la rue Gabriel-Péri et de l'avenue des Bleuets, prolongée par une bande qui longe le passage jusqu'à la rue d'Estienne-d'Orves ; le groupe scolaire occupe l'autre côté du passage[1]. La première phase forme une bande le long du passage, de la rue Gabriel-Péri à la rue d'Estienne-d'Orves ; la seconde doit s'étendre au sud-ouest[13].

La carte interactive s’affiche ici quand JavaScript est activé ; les lieux restent listés dans la page.

L'îlot est découpé en parcelles étroites et profondes, en lanières perpendiculaires à la rue Gabriel-Péri[15]. Des murets subsistent sur le site ; le projet prévoit d'en faire du mobilier du parc[12].

En 2022, les écologues chargés de l'Atlas de la biodiversité communale ont inventorié la flore de l'îlot : sous-bois de jonquilles et de perce-neige, prairie, friches, lierre et clématite, buddleia, troène, sureau, figuier, et des arbres parmi lesquels noisetier, merisier, érable sycomore, cèdre de l'Himalaya, robinier faux-acacia et ailante. Le robinier et l'ailante sont classés espèces exotiques envahissantes « avérées » en Île-de-France. Aucune espèce protégée ou menacée n'a été relevée sur le site ; deux espèces indigènes, le rosier des chiens (Rosa canina) et le laiteron des champs (Sonchus arvensis), y ont été notées pour la première fois à Colombes[16].

Nom[modifier | modifier le wikicode]

Anita Conti vers 1935.

Le 19 février 2026, le conseil municipal nomme huit équipements municipaux, dont six espaces verts qui reçoivent des noms de femmes. L'« espace naturel de l'îlot 26 à proximité de l'école Marcel Pagnol » reçoit le nom d'Anita Conti, par 49 voix pour et aucune contre[4]. Les noms avaient été choisis après une consultation en ligne qui a recueilli 483 réponses[17].

Anita Conti (1899-1997), océanographe, photographe et exploratrice, est présentée par la Ville comme la première femme océanographe française. Surnommée « la dame de la mer », elle a accompagné les pêcheurs de Terre-Neuve, dont elle a décrit les conditions de vie dans Racleurs d'océans (1953), et alerté très tôt sur la surexploitation des ressources marines[17].

La communication municipale de septembre 2026 parle du « parc grandeur nature rue Gabriel-Péri », sans reprendre ce nom[3].

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Une opération de logements jamais réalisée[modifier | modifier le wikicode]

L'îlot 26 est une opération d'aménagement confiée à la Codevam, la société d'économie mixte de la Ville[18][19]. De cette opération, seules l'école Marcel-Pagnol et une voie nouvelle la reliant aux rues Gabriel-Péri et d'Estienne-d'Orves ont été réalisées, en 1999[5].

Le plan local d'urbanisme de la Ville délimite sur l'îlot une zone particulière, UI26, destinée à « recevoir de l'habitat diversifié » : de petits immeubles en retrait de la rue Gabriel-Péri, de l'habitat individuel dense en cœur d'îlot et sur la rue d'Estienne-d'Orves[15]. Une centaine de logements y étaient attendus entre 2013 et 2020[20]. De 2010 à 2013, la société d'économie mixte négocie la vente des droits à construire au promoteur Kaufman & Broad, sans aboutir[5][n 2]. Le 1er janvier 2018, la concession passe à l'établissement public territorial Boucle Nord de Seine[5].

Le choix d'un parc (2021-2023)[modifier | modifier le wikicode]

À partir de 2021, la Ville demande à l'établissement public territorial de remplacer les logements prévus par un parc public, qu'elle réaliserait elle-même[5]. Elle confie les études à la Codevam, devenue éCo.urbain en avril 2022 avec l'autre aménageur de la Ville, la société publique locale Ascodev[22][23].

L'étude urbaine commence en janvier 2022. Elle s'accompagne d'une concertation : le 25 mars 2022, les riverains discutent des enjeux de la nature en ville ; le 14 mai, un atelier porte sur le programme du futur parc[7][12]. Sur la plateforme de concertation, le parc est présenté comme « une expérimentation » à la fois écologique, urbaine et sociale, avec une zone humide, un potager et un observatoire[12].

Les rapports de développement durable de 2022 et de 2023 annoncent une première tranche de 4 800 m², encore à l'étude[7][8]. En avril 2023, Vivre à Colombes en prévoit la livraison « à l'horizon 2026 », avec les nouveaux espaces verts de l'Arc Sportif et du square Colbert[24].

Acquisitions et mandat (2024-2025)[modifier | modifier le wikicode]

Le 28 mars 2024, le conseil municipal approuve à l'unanimité l'achat à éCo.urbain de six parcelles situées 157, 159 bis, 165 et 167-169-169 bis rue Gabriel-Péri, d'une superficie totale de 3 227 m²[18]. L'acte est signé le 9 juillet 2024[19].

La même année, la Ville signe avec éCo.urbain un mandat de conception-réalisation du parc. L'aménageur y voit « un manifeste » de l'aménagement urbain écologique, organisé autour de trois axes : s'adapter au changement climatique, favoriser le vivre-ensemble et faire découvrir la nature en ville. Il annonce alors une première phase au troisième trimestre 2025 et une livraison complète au premier semestre 2026[25]. Le projet de plan local d'urbanisme intercommunal, approuvé en juin 2025, reprend le futur parc parmi les espaces verts à créer[9][5].

Le 9 octobre 2025, le conseil municipal approuve l'achat d'une maison au 163 rue Gabriel-Péri (511 m²), « en vue de la réalisation du parc public »[5].

Les travaux (2026-2027)[modifier | modifier le wikicode]

Le rapport de développement durable 2025 range la création du parc parmi les projets de 2026[26]. En septembre 2026, la Ville présente le parc comme une « promesse tenue » de son programme et en publie le calendrier : abattage des arbres fin septembre, après information des riverains ; démarrage du chantier de la première tranche en octobre ; livraison prévue à l'été 2027[3][6].

Le panneau « Info chantier », en octobre 2026.

Les panneaux installés sur le chantier en octobre 2026 désignent la Ville comme maître d'ouvrage, la société publique locale éCo.urbain comme mandataire, et confient la maîtrise d'œuvre à l'Atelier NOUS, paysagiste, et au bureau d'études Cogicité. Les travaux de la première phase doivent durer neuf mois[27].

Le projet[modifier | modifier le wikicode]

Aménagements[modifier | modifier le wikicode]

Le plan de la première phase affiché sur le chantier, en octobre 2026 : le passage Marcel-Pagnol traverse le plan, l'école est au-dessus.

La première tranche réunit plusieurs espaces[3][10] :

  • une prairie urbaine, pour se rencontrer et faire du sport ;
  • une zone arborée, pour la détente et le pique-nique ;
  • un parcours de jeux pour les enfants, fait de poteaux à grimper, de grumes et de rondins ;
  • un espace d'expérimentation pédagogique, avec un petit amphithéâtre d'où les élèves de l'école voisine pourront observer la flore et la faune.

Des aires de jeux dynamiques et des coins plus calmes, servant de refuge, sont pensés pour les personnes neuro-atypiques. Une partie de la pelouse, d'environ 1 000 m², est ouverte aux chiens ; une clôture basse la sépare du reste du parc[3], avec un portillon et une signalétique[10]. Sur le passage Marcel-Pagnol, un marquage au sol doit dessiner un parcours à vélo ponctué de petits passages piétons, pour initier petits et grands aux mobilités douces[10].

Le parc doit être réalisé en plusieurs phases indépendantes, qui s'assembleront à la fin « comme un puzzle »[10]. L'aménageur le justifie par le découpage du terrain et l'achat progressif des parcelles, et prévoit des aménagements provisoires pour que chaque étape reste utilisable[25][12].

Arbres abattus et plantations[modifier | modifier le wikicode]

Selon le panneau de chantier, le site comptait 72 arbres. 61 sont abattus avant les travaux, dont 44 ailantes glanduleux et 13 robiniers faux-acacias[28]. La Ville explique que ces 57 arbres appartiennent à des espèces envahissantes, qui étouffent la végétation locale et appauvrissent la biodiversité ; les quatre autres sont retirés pour des raisons sanitaires, pour dépolluer le sol ou pour ouvrir un cheminement accessible aux personnes à mobilité réduite[3][n 3]. Le bois est réutilisé sur place pour fabriquer le mobilier du parc[3][28].

En compensation, la Ville annonce la plantation de 19 arbres et de 990 arbustes[3], auxquels le panneau ajoute 96 arbustes grimpants, des vivaces, des bulbes et des prairies fleuries[28]. Ces plantations doivent faire plus de place aux espèces locales et offrir nourriture et abri à la faune[3].

Financement[modifier | modifier le wikicode]

Les rapports d'orientation budgétaire de la Ville prévoient une enveloppe pour les acquisitions de la première tranche en 2023[29], 1,5 million d'euros pour « l'îlot 26 / parc » en 2024[30], 600 000 € pour le projet porté par éCo.urbain en 2025[31] et 2 millions d'euros TTC de travaux en 2026[32].

Le panneau de chantier indique le coût des travaux de la première phase : 324 500 € HT pour le lot 1 (voirie, réseaux, espaces verts et mobilier), confié au groupement Marcel Villette, IFR et MACEV, et 41 900 € HT pour le lot 2 (mobilier en économie circulaire), confié à Marcel Villette[27].

L'école voisine[modifier | modifier le wikicode]

Le chantier du gymnase de l'école Marcel-Pagnol en septembre 2024. Photo Joe Brable, CC0.

L'école Marcel-Pagnol, ouverte en 1999 dans le cadre de l'opération[5], est réhabilitée et agrandie pour former un groupe scolaire complet, de la petite section au CM2 : éCo.urbain annonçait neuf classes de maternelle et quatorze d'élémentaire pour la rentrée 2025[1]. L'entrée du groupe scolaire, un parvis couvert sur le passage Marcel-Pagnol, devait faire face au parc[11].

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Les surfaces annoncées varient selon les documents. Première tranche : 4 800 m² dans les rapports de développement durable de 2022 et de 2023[7][8], 6 577 m² pour l'aménageur éCo.urbain[1], 3 250 m² pour la Ville en 2026[3]. Parc entier : 8 000 m² dans le rapport de développement durable de 2024[9], 9 900 m² pour éCo.urbain[1], 9 500 m² sur le panneau de chantier[10], « un hectare » pour la Ville[3].
  2. ↑ Selon La Clé Publique, une étude de 2010 évaluait le potentiel de l'îlot à 12 500 m² de logements, dont 30 % de logements sociaux, ramenés à 8 300 m² après une modification des règles d'urbanisme ; le projet associait aussi Colombes Habitat Public[21]. Ces chiffres n'ont pas été retrouvés dans les documents de la Ville.
  3. ↑ Le panneau de chantier les dit retirés « principalement pour des raisons de sécurité »[28].

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « Îlot 26 – Marcel Pagnol », éCo.urbain, consulté le 16 octobre 2026 : présentation, plan du projet, surfaces du parc et du groupe scolaire.
  2. ↑ Plan de ville de Colombes 2027, Ville de Colombes, octobre 2026 : carte « Les quartiers de Colombes ».
  3. ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 et 3,11 « Un parc grandeur nature rue Gabriel Péri ! », Colombes Actus no 5, septembre 2026, p. 26.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Délibération no 12 du conseil municipal du 19 février 2026, « Dénomination de huit équipements municipaux ».
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 5,6 et 5,7 Délibération no 6 du conseil municipal du 9 octobre 2025, « Acquisition par la ville de Colombes du bien sis 163 rue Gabriel Péri », recueil des délibérations du 9 octobre 2025 (archive ZIP), Ville de Colombes.
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Un parc grandeur nature rue Gabriel-Péri », Ville de Colombes, 1er septembre 2026.
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Ville de Colombes, Rapport développement durable 2022, p. 26-27.
  8. ↑ 8,0 et 8,1 Ville de Colombes, Rapport développement durable 2023, p. 29.
  9. ↑ 9,0 et 9,1 Ville de Colombes, Rapport développement durable 2024, p. 30.
  10. ↑ 10,0 10,1 10,2 10,3 et 10,4 Panneau « Un jardin s'installe au cœur de votre quartier », Ville de Colombes et éCo.urbain, installé sur le chantier, photographié le 15 octobre 2026.
  11. ↑ 11,0 et 11,1 « Groupe scolaire Marcel-Pagnol, la douceur du bois », Vivre à Colombes no 18, novembre 2022, p. 12-13.
  12. ↑ 12,0 12,1 12,2 12,3 et 12,4 « Ilot 26 - Marcel Pagnol », plateforme participons.colombes.fr, Ville de Colombes, consulté le 16 octobre 2026.
  13. ↑ Panneau « La première phase », Ville de Colombes et éCo.urbain, installé sur le chantier, photographié le 15 octobre 2026.
  14. ↑ Délibération no 20 du conseil municipal du 3 juillet 2025 : groupe scolaire « Jean Moulin-Marcel Pagnol », passage Marcel-Pagnol, ouverture prévue en septembre 2025.
  15. ↑ 15,0 et 15,1 Rapport de présentation du plan local d'urbanisme, Ville de Colombes, juillet 2015, p. 60, 236 et 270-272 (zone UI26).
  16. ↑ Ecolo GIE pour la Ville de Colombes, Atlas de la biodiversité communale, janvier 2023, p. 24, 30-31 et 91-92 (relevé de la flore de l'îlot 26, 2022).
  17. ↑ 17,0 et 17,1 « Colombes honore 7 femmes pionnières », Vivre à Colombes no 51, mars 2026, p. 10-11.
  18. ↑ 18,0 et 18,1 Compte rendu analytique du conseil municipal du 28 mars 2024, Ville de Colombes, p. 14 (délibération no 33, « Concession d'aménagement Îlot 26 »).
  19. ↑ 19,0 et 19,1 Rapport du compte financier unique 2024, Ville de Colombes, conseil municipal du 27 mai 2025, p. 18.
  20. ↑ Rapport de présentation du plan local d'urbanisme, Ville de Colombes, juillet 2015, p. 74.
  21. ↑ « À Colombes, l'îlot 26 va devenir un parc de près d'un hectare », La Clé Publique, 2 septembre 2026.
  22. ↑ Ville de Colombes, Rapport développement durable 2021, p. 22.
  23. ↑ Entretien avec Florence Bruyère, directrice générale d'éCo.urbain, Vivre à Colombes no 27, octobre 2023, p. 14.
  24. ↑ « La transition écologique en 10 chiffres », Vivre à Colombes no 22, avril 2023, p. 8.
  25. ↑ 25,0 et 25,1 « Un parc exemplaire à proximité directe de l'école Pagnol », éCo.urbain, 23 juillet 2024.
  26. ↑ Ville de Colombes, Rapport développement durable 2025, p. 27 (p. 17 du fichier PDF).
  27. ↑ 27,0 et 27,1 Panneau « Info chantier – Un jardin s'installe au cœur de votre quartier », Ville de Colombes et éCo.urbain, installé sur le chantier, photographié le 15 octobre 2026.
  28. ↑ 28,0 28,1 28,2 et 28,3 Panneau « Sujet abattage des arbres », Ville de Colombes et éCo.urbain, installé sur le chantier, photographié le 15 octobre 2026.
  29. ↑ Ville de Colombes, Rapport d'orientation budgétaire 2023, conseil municipal du 16 février 2023, p. 17.
  30. ↑ Ville de Colombes, Rapport d'orientation budgétaire 2024, p. 28.
  31. ↑ Ville de Colombes, Rapport d'orientation budgétaire 2025, conseil municipal du 6 mars 2025, p. 30.
  32. ↑ Ville de Colombes, Rapport d'orientation budgétaire 2026, p. 34.