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Église Saint-Pierre-Saint-Paul de Colombes

De WikiColombes
Église Saint-Pierre-Saint-Paul de Colombes
Le Vieux Clocher restauré, vu de la place du Général-Leclerc
Le Vieux Clocher, vestige de l'ancienne église, après sa restauration (photo Chabe01, octobre 2022, CC BY-SA 4.0).
Culte catholique ; paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul, diocèse de Nanterre
Propriétaire Ville de Colombes (les deux édifices)
L'ancienne église (Vieux Clocher)
Construction XIe-début du XIIe siècle, sur une nécropole du haut Moyen Âge ; agrandie au début de l'époque moderne, remaniée jusqu'au XIXe siècle
Démolition 1968-1969, sauf le clocher, la croisée du transept et une chapelle
Protection clocher inscrit monument historique (1937)
Restauration 2018-2023, agence Opus 5 Architectes
Lieu place du Général-Leclerc, à l'angle de la rue du Bournard et de la rue de Verdun
L'église actuelle
Architecte Jean Hébrard ; vitraux de Louis-René Petit
Inauguration 1968
Capacité jusqu'à 1 400 personnes
Protection label « Patrimoine d'intérêt régional » (2023) ; PLUi (2025)
Adresse 11, rue Beaurepaire

L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est l'église paroissiale catholique du centre de Colombes. Le nom désigne deux édifices voisins, tous deux propriété de la commune :

  • l'ancienne église, bâtie aux XIe-XIIe siècles sur une nécropole du haut Moyen Âge, plusieurs fois agrandie et remaniée, puis démolie en 1968 pour élargir le carrefour de la place du Général-Leclerc. Il en reste le clocher, la croisée du transept et une chapelle, le Vieux Clocher, inscrit monument historique en 1937 et restauré de 2018 à 2023[1][2][3][4] ;
  • l'église actuelle, construite en béton armé par l'architecte Jean Hébrard et inaugurée en 1968, rue Beaurepaire. Ses 600 m² de vitraux en dalles de verre sont l'œuvre du peintre-verrier Louis-René Petit. Elle a reçu en 2023 le label « Patrimoine d'intérêt régional »[5].

Le Vieux Clocher, qui fait face au musée d'Art et d'Histoire, est aujourd'hui un lieu ouvert aux passants, entre deux bassins-miroirs[4]. La place qui l'entoure porte depuis 2026 le nom de Jean Lefèvre, qui avait mené en 1968 la campagne pour le sauver[6]. L'église actuelle accueille des concerts, et la Ville prépare la reconstruction de son orgue[7].

Situation[modifier | modifier le wikicode]

Les deux édifices se trouvent au cœur de l'ancien bourg, près du carrefour où se croisent la rue Gabriel-Péri, la rue du Bournard, l'avenue Henri-Barbusse et la rue de Verdun[5] :

  • le Vieux Clocher , à l'angle de la rue du Bournard et de la rue de Verdun, face au musée d'Art et d'Histoire[8] ;
  • l'église Saint-Pierre-Saint-Paul , au 11, rue Beaurepaire ; son parvis donne sur la rue Gabriel-Péri[9].
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L'ancienne église[modifier | modifier le wikicode]

Des origines au XVIIIe siècle[modifier | modifier le wikicode]

La nef et le chœur voûtés d'ogives, vers 1900 (carte postale, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 9FI/COL 61, Licence ouverte).

Un sarcophage mérovingien, exhumé lors de la démolition de 1968, atteste que Colombes est habitée au moins depuis le Ve ou le VIe siècle[8]. Les fouilles de 2018-2019 ont montré que le site sert de cimetière du haut Moyen Âge à la fin de l'époque moderne, et que ses sépultures les plus anciennes sont carolingiennes[10][1]. Les fondations les plus anciennes de l'église, des murs de 1,20 m d'épaisseur ancrés à plus de 3 m sous le sol actuel, se trouvent sous le clocher et la chapelle nord ; elles coupent des tombes de la fin de l'époque carolingienne et datent du XIe ou du début du XIIe siècle. Une abside semi-circulaire, sous la chapelle, appartient sans doute à une seconde campagne de travaux. Restée une modeste église paroissiale, elle n'est agrandie vers le sud, sur le cimetière médiéval, qu'au début de l'époque moderne[1]. L'Inventaire général, qui a étudié les vestiges en 1991, date l'église du XIIe siècle, « en remplacement d'un lieu de culte ancien », et la dit agrandie et modifiée aux XIIe, XIIIe et XVIe siècles[2][n 1]. Au XVIIe siècle, sa partie occidentale est supprimée pour laisser passer la route[2].

L'église est alors le centre de la vie du village. Appelés par la cloche, les habitants s'y réunissent pour entendre lire les affiches du pouvoir ou pour débattre des affaires communes : impôts, partage des pâtures, date et surveillance des récoltes. Les registres paroissiaux gardent la trace de l'entourage de la reine Henriette de France, des dames de Breteuil et de La Tour d'Auvergne, ou de Claude-Henri Watelet, l'hôte du Moulin-Joly[11]. En 1676, Denis Guiol et sa femme Barbe Bricard offrent à l'église des fonts baptismaux de marbre noir à couvercle de bronze, ornés d'un baptême du Christ et des profils de saint Pierre et de saint Paul[12]. En 1678, la fabrique, qui gère les biens de la paroisse, fonde une école pour « trente garçons nécessiteux du village », confiée au prêtre[13].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le wikicode]

La façade de l'ancienne église et son clocher, vers 1910 (carte postale, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 9FI/COL 178, Licence ouverte).

En 1818, l'État met en dépôt dans l'église un grand tableau de Louis de Boullogne, L'Ordination de saint Augustin, peint vers 1694-1695 pour le couvent parisien des Augustins déchaussés et saisi à la Révolution ; il y est longtemps connu sous un titre erroné[14]. En 1836, une souscription publique est lancée pour refondre la cloche, usée ; elle réunit 82 % de la somme nécessaire[15].

En 1844, deux travées de la nef sont démolies pour ouvrir la rue de Verdun[16], et l'église et son clocher sont remaniés. Le clocher est refait, avec une partie de l'église, entre 1888 et 1892[2] ; les chapiteaux sont eux aussi repris au XIXe siècle[11]. En 1906, la verrière de l'Assomption, seul vitrail ancien de l'église, est classée monument historique au titre des objets[12].

La démolition de 1968[modifier | modifier le wikicode]

Le 13 mai 1937, le clocher est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques ; le reste de l'église n'est pas protégé[3]. En 1943, un projet prévoit d'élargir le carrefour de la place du Général-Leclerc et de la rue de Verdun ; en 1955, la destruction de l'église est programmée, à la demande de l'État[16]. Marcelle Devaud, maire de 1959 à 1965, poursuit le dossier de son prédécesseur, qui préconisait la rénovation de l'îlot entourant l'église, sans le mener à terme ; la municipalité de Dominique Frelaut, élue en 1965, le reprend[17]. La préfecture des Hauts-de-Seine décide la démolition partielle de l'église pour élargir la rue de Verdun à son croisement avec l'avenue Henri-Barbusse, la rue Gabriel-Péri et la rue du Bournard[5].

Jean Lefèvre (1921-2026), Colombien depuis 1923, assistant réalisateur puis directeur de production et réalisateur de cinéma, fonde alors un Comité de défense de l'église primitive de Colombes. Pendant deux ans, il fait campagne et fait circuler une pétition, qui réunit de nombreuses signatures et obtient en 1968 la sauvegarde du clocher[16]. La nef, le bras sud du transept et le chœur sont abattus en 1968-1969, avec l'îlot de maisons anciennes qui entourait l'église, jugé insalubre, pour élargir les voies et construire un immeuble sur terrasse rue du Bournard ; le clocher est conservé comme repère visuel de la ville[11][1][n 2]. Il ne reste que le clocher, la croisée du transept et la chapelle nord, l'ancienne chapelle Saint-Joseph[1][18], soit, pour l'Inventaire général, le clocher et deux travées[2]. Selon le site d'histoire locale Colombes notre Ville, c'est la nouvelle municipalité de Dominique Frelaut qui obtient au dernier moment le maintien du clocher, et le conseil municipal approuve son maintien et sa restauration par une délibération du 22 mai 1970[19]. Pendant la démolition, Jean Lefèvre sauve des ossements et des éléments sculptés ; il fait arrêter les bulldozers en apercevant le fragment d'un des sarcophages mérovingiens, aujourd'hui exposé au musée d'Art et d'Histoire[16].

Le mobilier et les œuvres de l'ancienne église[modifier | modifier le wikicode]

L'orgue, les trois cloches, les fonts baptismaux de 1676 et un grand Christ en bois du XIXe siècle, fixé sur une croix dans le chœur, passent dans la nouvelle église[5][12][18]. L'Inventaire général y a aussi recensé en 1991 une statue de la Vierge, un tabernacle, deux calices, une patène et deux ostensoirs du XIXe siècle, dont l'un a été offert en 1883 par la famille Dogny[12].

Des tableaux de l'église, deux seulement sont conservés, au musée d'Art et d'Histoire : L'Ordination de saint Augustin, entrée dans ses collections à sa création en 1988, et une Crucifixion d'après Pierre-Paul Prud'hon ; les autres œuvres ont disparu. En 2025, le récolement des collections du Louvre a établi que L'Ordination est un dépôt de ce musée[14].

La verrière de l'Assomption, de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, est restée dans la partie conservée. Ses neuf panneaux, démontés en 1970 puis de nouveau en 2010, ont été restaurés par l'Atelier de Vitrail et installés à la fin de 2014 au rez-de-chaussée du musée[20].

Le Vieux Clocher[modifier | modifier le wikicode]

Description[modifier | modifier le wikicode]

Le clocher, coiffé d'une flèche octogonale, repose sur un soubassement médiéval[11]. Sept piliers subsistent. Les deux piliers extérieurs ont gardé leur aspect d'origine : le plus ancien, roman, n'a que quelques moulures ; l'autre porte un pilastre, sans doute de la Renaissance. Les cinq piliers qui portent le clocher, gothiques (fin du XIIe-début du XIIIe siècle), se divisent en colonnes coiffées de chapiteaux sculptés, d'où partent plusieurs arcs[4]. Côté rue du Bournard, l'ancienne croisée du transept est la partie la plus monumentale, avec ses grands arcs brisés et un décor Renaissance de palmettes et de feuilles d'acanthe. À l'arrière, l'ancienne chapelle Saint-Joseph, reprise au XIXe siècle, garde une corniche à modillons sculptés de figures grotesques et une baie géminée ; une tourelle abrite l'escalier[11].

Chapiteaux du Vieux Clocher avant leur restauration (photo Tangopaso, mars 2015, domaine public).

Peu de décors sont d'origine : inspirés de modèles médiévaux, les chapiteaux ont été modifiés dès la Renaissance, puis au XIXe siècle et lors de la restauration de 2019. On y voit des feuillages, un lion ailé, des griffons et des masques grimaçants[4][11]. Deux chapiteaux sont « historiés » : l'un porte un message inscrit dans un phylactère qui fait le tour du pilier et évoque le pouvoir du Christ, représenté à Colombes par saint Pierre et saint Paul, patrons de la paroisse ; l'autre se réfère au Sacré-Cœur et au culte de Marie. Plusieurs chapiteaux montrent des colombes : deux colombes affrontées autour d'un calice, sous une fleur de lys, motif propre à Colombes, ou une colombe aux ailes déployées, qui pourrait rendre hommage au nom de la ville. La fleur de lys, peut-être ajoutée au XVIIe siècle, ferait référence à la reine Henriette ou à l'abbaye de Saint-Denis, dont dépendait Colombes[4].

Le délabrement (1968-2011)[modifier | modifier le wikicode]

Après la démolition, le monument se dégrade[21]. La pollution, le gel et la circulation fragilisent la pierre : en octobre 2009, des chutes de fragments et des fissures révèlent un risque d'affaissement et imposent une mise en sécurité. La Ville commande un diagnostic de l'état sanitaire à un cabinet d'architectes du patrimoine (41 000 € au budget 2010) ; en mai 2010, la palissade du chantier est habillée de deux panneaux qui racontent l'histoire de l'édifice[22][23]. Des fouilles menées sous le clocher en 2010-2011 mettent au jour des blocs sculptés du XVIIe siècle, et pour certains du Moyen Âge, conservés comme témoins ; les ossements trouvés sont réinhumés sur place[24].

La restauration (2015-2023)[modifier | modifier le wikicode]

La municipalité lance en 2015 une étude pour la rénovation du clocher[25]. En 2016, le Département des Hauts-de-Seine s'engage à la soutenir à hauteur de 500 000 €[26]. À l'issue d'un concours, la Ville retient en 2017 le projet de l'agence Opus 5 Architectes, spécialisée dans les monuments historiques. Les architectes écartent toute restitution de l'église disparue et cherchent à pérenniser les vestiges : terrassement, renforcement des piles, toiture légère en zinc sur la croisée du transept, éclairage en lien avec le musée, et un socle que les piétons pourront traverser, posé sur un miroir d'eau. Ils proposent aussi un « phylactère », grande banderole suspendue dans l'édifice, inspirée de l'art médiéval et des phylactères sculptés sur les chapiteaux les plus anciens. Le programme, estimé à 1,5 million d'euros hors taxes, est soutenu par le Département et la DRAC d'Île-de-France ; un appel aux dons est lancé avec la Fondation du patrimoine[27]. La Région Île-de-France accorde 300 000 € à la fin de 2017[28].

Avant les travaux, une fouille d'archéologie préventive, prescrite par le préfet de région et la DRAC, est confiée au bureau d'études Éveha. Elle porte sur les quelque 100 m² de l'intérieur des ruines, du 13 février au 13 avril 2018, et met au jour une centaine d'inhumations et trois bagues[8][10]. Une seconde campagne, du 26 août au 13 septembre 2019, fouille 22 m² sous les arcades de la croisée du transept et dégage 43 sépultures, dont un tiers de nouvelles. Elle permet de dater de l'époque carolingienne les sépultures les plus anciennes et dégage les fondations de la première église ; on y trouve aussi trois vases funéraires des XIIe-XIIIe siècles et un anneau des XVe-XVIe siècles, les objets déposés dans les tombes étant rares sur ce site[10]. Au total, les deux campagnes ont mis au jour plus de 200 structures archéologiques, dont 140 sépultures, étagées du haut Moyen Âge à l'époque moderne : tombes coffrées de plâtre, tombes en pierre, puis cercueils cloués, en usage du XIIIe ou du XIVe siècle jusqu'à l'interdiction d'inhumer dans les églises en 1776. Cinq défunts, inhumés devant l'autel la tête à l'est, pourraient être des membres du clergé[1]. Jean Lefèvre, âgé de 97 ans, visite le chantier et confronte ses hypothèses à celles de l'archéologue[16].

Les travaux commencent en mai 2018 par la consolidation de la structure et la protection de la voûte[29][21]. L'ancienne chape de béton est remplacée par une couverture en zinc sur une charpente en sapin, les parties saillantes sont protégées par du plomb, les parements sont ravalés et les cadrans de l'horloge restaurés ; l'échafaudage est déposé en novembre 2019. Les sols extérieurs sont abaissés au niveau de la rue, pour que les passants, y compris les personnes à mobilité réduite, puissent entrer dans le monument, et deux bassins-miroirs de 45 et 50 m² sont aménagés[21]. Le sculpteur Alexandre Bujor restaure les chapiteaux et grave l'année 2019 en chiffres romains (MMXIX) dans la pierre[4].

Le chantier est ralenti par les fouilles, les intempéries, une charpente à remplacer, des raccordements complexes, les interruptions dues au Covid et la défaillance d'entreprises. Achevé au premier trimestre 2023, il a coûté 3,8 millions d'euros, financés par la Ville, le Département, la Région, l'État et les dons d'entreprises et de particuliers recueillis par la Fondation du patrimoine[4][n 3][30]. Le Vieux Clocher restauré est inauguré le 16 mai 2023[4].

Aujourd'hui[modifier | modifier le wikicode]

Le Vieux Clocher est désormais ouvert aux passants, qui circulent entre les bassins où se reflètent ses voûtes[4]. Il est l'un des lieux des Journées européennes du patrimoine : en 2026, un parcours partait du Vieux Clocher pour rejoindre la nouvelle église[31].

Jean Lefèvre meurt le 5 avril 2026, à 104 ans[16]. Le 7 juillet 2026, le conseil municipal donne à la place qui entoure le clocher le nom de « Place du Vieux Clocher, Jean Lefevre »[6][n 4]. Elle est inaugurée le dimanche 20 septembre 2026, à l'issue de ce parcours, lors des Journées européennes du patrimoine[31][32].

L'église de 1968[modifier | modifier le wikicode]

Construction[modifier | modifier le wikicode]

La nouvelle église est construite en 1967-1968 par l'architecte Jean Hébrard pour remplacer l'église primitive, alors promise à une démolition totale[18][33]. L'ingénieur Gabriel Robin dirige l'essentiel du chantier ; l'architecte dit avoir voulu « une église de lumière, lieu de rencontre, de prière et de joie spirituelle ». L'église est inaugurée le 12 octobre 1968, en présence du curé et du maire Dominique Frelaut[18]. C'est la démolition partielle de l'ancienne église, décidée par la préfecture, qui a permis de financer sa construction. Bâtie avec des fonds publics, elle ne relève pas, selon le magazine municipal, du régime de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État : la commune en assure la gestion patrimoniale[5]. La Ville est propriétaire de l'église et de son orgue[34].

Architecture[modifier | modifier le wikicode]

L'édifice, entièrement en béton armé, a un plan carré, sans piliers intérieurs : la nef est un losange de 29 mètres de côté, avec l'entrée à l'angle nord et le chœur à l'angle sud[33][5][18]. Sa couverture, un voile de béton incurvé, est autoportante : aucune poutre, aucun tirant, aucune suspente apparente ne la soutient[5]. Épaisse de 6 à 14 cm, elle s'élève à plus de 20 mètres en son point le plus haut et franchit jusqu'à 46 mètres[18]. L'avant-nef (narthex) est un voile très fin, arrimé à la chapelle de la Vierge et à la flèche du clocher, haute de 30 mètres[n 5], qui abrite les trois cloches de l'ancienne église[5]. Le béton a été laissé brut, comme le voulait l'architecte[33]. Le chantier a demandé 1 500 m³ de béton, près de 126 tonnes d'armatures, 7 200 m² de coffrages et 52 tonnes de marbre[18].

À l'intérieur, le transept, le chœur et les bas-côtés se fondent en un espace unique de 1 000 m². Le sol, dallé de marbre de Sicile, descend en pente régulière vers le chœur : chaque personne assise a le regard à la hauteur du chœur, et la visibilité est la même en tout point de l'église[5][18]. L'autel est un bloc de marbre rouge de trois tonnes ; une tapisserie de la Vierge, réalisée par les moines de l'abbaye de Tamié, est accrochée au mur du chœur, et la chapelle de la Vierge abrite un chemin de croix gravé à l'eau-forte par Jean Frelaut, offert par son fils, le maire Dominique Frelaut[18]. Avec sa tribune, l'église peut accueillir jusqu'à 1 400 personnes[5][18] ; selon l'association Colombes.Orgue, elle est l'une des plus grandes du diocèse de Nanterre, plus grande que sa cathédrale, et il n'est pas rare qu'elle accueille des célébrations diocésaines[35].

Les parois intègrent près de 600 m² de vitraux non figuratifs du peintre-verrier Louis-René Petit, prévus dès l'origine avec l'architecte[33]. Ce sont des dalles de verre colorées serties dans le béton armé, d'environ un mètre carré chacune, fabriquées par l'atelier J. Albertini de Saint-Just-sur-Loire et mises en œuvre par les Ateliers G. et J. Loire. Petit voulait en faire un « voile tendu entre l'extérieur et l'intérieur »[5]. Les vitraux occupent entièrement les parois nord-est et nord-ouest et le fond du chœur ; épaisses de 20 à 25 mm, leurs dalles changent de tonalité selon l'orientation[18]. Le vaste parvis devait être végétalisé dans le cadre du budget participatif de 2022[5].

Protection[modifier | modifier le wikicode]

Le 16 février 2023, le conseil municipal demande le label « Patrimoine d'intérêt régional » pour l'église, son mobilier, ses vitraux et son orgue[36]. La Région Île-de-France l'accorde en juillet 2023, pour le caractère d'exemplarité de l'édifice[5]. Ce label ouvre droit à des subventions régionales, qui doivent servir à la reconstruction de l'orgue[34]. La plaque du label devait être dévoilée le 21 septembre 2024, lors des Journées européennes du patrimoine, après une visite guidée et un concert[37].

Le plan local d'urbanisme intercommunal de Boucle Nord de Seine, approuvé en 2025, protège l'église pour son intérêt architectural et pour l'ensemble de ses vitraux (fiche COL_010)[33].

L'orgue[modifier | modifier le wikicode]

L'orgue a été construit par les ateliers Mutin-Cavaillé-Coll pour l'ancienne église, en 1905 selon le magazine municipal[5], entre 1906 et 1918 selon les études du facteur Philippe Petitdemange[18]. Entièrement mécanique, il comptait onze jeux. Devenu en 1969 l'orgue principal de la nouvelle église, plus vaste, il a été agrandi à vingt jeux et ouvert aux sonorités néoclassiques, tout en gardant son caractère romantique[5]. Modifié par la maison Gonzalez en 1937-1938, il est transféré dans la nouvelle église en 1968 par le facteur Erwin Müller, puis de nouveau transformé par Hedelin en 1992 et par Philippe Petitdemange à partir de 2003, avec des travaux financés par la Ville et subventionnés par la Région et le Département. Il pèse huit tonnes[18][n 6]. Ces travaux n'ont pas suffi : selon l'association Colombes.Orgue, l'instrument est très dégradé (touches muettes, jeux qui fonctionnent mal, désaccord), mais sa tuyauterie Cavaillé-Coll, bien conservée, est de très bonne qualité[35]. Il s'agit de restaurer l'essentiel de ses 1 400 tuyaux et d'ouvrir l'instrument à des répertoires variés, du baroque au contemporain[5].

L'association Colombes.Orgue – Reconstruisons l'orgue de Saint-Pierre Saint-Paul, déclarée en 2020, apporte son soutien technique et financier au projet et organise des concerts dans l'église[38][39]. Le 9 octobre 2025, le conseil municipal crée une autorisation de programme pour la reconstruction de l'orgue et approuve une convention entre la Ville, l'association et l'Association diocésaine de Nanterre. L'opération est estimée à 650 000 € TTC, financés par la Ville, l'association et la paroisse, avec des aides possibles de la Région, de la DRAC et de la Fondation du patrimoine[7]. Maître d'ouvrage, la Ville choisira le facteur d'orgue[34]. Actualisée en avril 2026, l'autorisation de programme est close le 22 septembre 2026 ; selon la rapporteure de la délibération, les travaux restent prévus et seront engagés en 2027[40].

Une église ouverte sur la ville[modifier | modifier le wikicode]

L'église accueille régulièrement concerts et spectacles : le troisième volet d'un triptyque de la chorégraphe Pé Vermeersch, avec trois danseuses et l'orgue, en novembre 2011[41], le chœur d'enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine en mai 2012[42], les concerts de l'association Colombes.Orgue, comme un dialogue entre les chœurs d'enfants de l'Institution Jeanne-d'Arc et une jeune concertiste en mars 2022 ou l'Orchestre Impromptu et ses 70 musiciens en mars 2025[43][39], ou un récital de clavecin et de viole de gambe en mai 2026[44]. L'association Strata'j'm y organise chaque printemps, au moins de 2009 à 2017, sa Fête du jeu, sur le parvis[45][46]. L'église ouvre aussi ses portes lors des Journées européennes du patrimoine, comme en 2016, quand la Ville mettait à l'honneur son patrimoine religieux[47], ou en 2024, pour son label[37].

La paroisse participe à la vie solidaire de la ville : elle aide la Bagagerie solidaire à organiser chaque hiver l'opération « Hiver solidaire », qui héberge quatre hommes sans abri pendant la saison froide[48].

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Les sources ne datent pas l'église de la même façon : XIIe siècle pour l'Inventaire général (1991) et le magazine municipal de 2023, « huit cents ans » d'histoire pour les architectes de la restauration (2017). En 2019, avant l'étude des prélèvements, l'archéologue responsable des fouilles situait la première église « autour de l'an 1 000 » et son agrandissement vers le sud, avec un chœur gothique, « probablement au XIIIe » siècle (Colombes le Mag n° 52). La synthèse publiée par Éveha en 2020, appuyée sur des datations au carbone 14, retient le XIe ou le début du XIIe siècle pour les fondations et le début de l'époque moderne pour l'agrandissement : c'est la source la plus récente.
  2. ↑ 1968 selon la plupart des sources ; 1968-1969 selon le magazine municipal de décembre 2017 et Éveha ; 1969 selon le site de la paroisse.
  3. ↑ Le coût annoncé a augmenté au fil du projet : 1,7 million d'euros pour l'ensemble des travaux au budget de mars 2017 (Colombes le Mag n° 26), 1,5 million hors taxes pour le projet présenté en mai 2017 (n° 28), 3,2 millions en février 2020, « supporté pour moitié par la Ville » (n° 55), et 3,8 millions à l'achèvement (Vivre à Colombes n° 24). En février 2020, le mécénat avait rapporté 491 635 € (n° 55).
  4. ↑ Graphie de la délibération. Le magazine municipal et le programme des Journées du patrimoine écrivent « Lefèvre ».
  5. ↑ 30 mètres selon le magazine municipal (2023), 33 mètres selon le site de la paroisse (2010).
  6. ↑ Le site de la paroisse écrit « Gonzales » et « Erwin Millier ».

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 « Colombes (92) – Église Saint-Pierre Saint-Paul – Vieux Clocher », bureau d'études Éveha, 31 août 2020 (synthèse des fouilles de 2018-2019).
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Église paroissiale Saint-Pierre, Saint-Paul, dite ancienne église Saint-Pierre Saint-Paul, notice IA00079343 de l'Inventaire général du patrimoine culturel (enquête de 1991), plateforme POP, ministère de la Culture.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Église (clocher), notice Mérimée PA00088100, plateforme POP, ministère de la Culture : « Clocher : inscription par arrêté du 13 mai 1937 ».
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 4,5 4,6 4,7 et 4,8 « Secrets et mystères des chapiteaux du Vieux Clocher », rubrique Mémoires, Vivre à Colombes n° 24, juin 2023, p. 40-41.
  5. ↑ 5,00 5,01 5,02 5,03 5,04 5,05 5,06 5,07 5,08 5,09 5,10 5,11 5,12 5,13 5,14 et 5,15 « Un vaisseau suspendu de béton, de verre et de lumière », rubrique Mémoires, Vivre à Colombes n° 29, décembre 2023-janvier 2024, p. 40-41.
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Délibération n° 3 du conseil municipal du 7 juillet 2026, « Dénomination de la place devant le Vieux Clocher à Colombes », adoptée par 52 voix sans opposition (recueil des délibérations, archive ZIP) ; voir aussi Conseil Municipal/7 juillet 2026.
  7. ↑ 7,0 et 7,1 Délibérations n° 10 et n° 16 du conseil municipal du 9 octobre 2025 : création de l'autorisation de programme n° 2501 « Reconstruction de l'orgue de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul » et convention entre la Ville, l'association Colombes.Orgue et l'Association diocésaine de Nanterre (recueil des délibérations, archive ZIP).
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Fouille d'archéologie préventive dans l'ancien clocher », Colombes le Mag n° 36, mars 2018, p. 7.
  9. ↑ Mosaïque n° 47, mai 2013, p. 35 : « parvis de l'église Saint Pierre Saint Paul, 9, rue Gabriel-Péri/11, rue Beaurepaire ».
  10. ↑ 10,0 10,1 et 10,2 « Des vestiges carolingiens sous le vieux clocher », entretien avec l'archéologue responsable de l'opération, Colombes le Mag n° 52, octobre 2019, p. 6.
  11. ↑ 11,0 11,1 11,2 11,3 11,4 et 11,5 « Le clocher St-Pierre St-Paul rythme les siècles », rubrique Histoires vécues, Colombes le Mag n° 34, décembre 2017-janvier 2018, p. 45.
  12. ↑ 12,0 12,1 12,2 et 12,3 Notices de la base Palissy (Inventaire général, enquête de 1991), plateforme POP, ministère de la Culture : verrière de l'Assomption (IM92000184), fonts baptismaux (IM92000186), Christ en croix (IM92000187), ostensoir de 1883 (IM92000192) ; autres objets : notices IM92000185 et IM92000188 à IM92000191, IM92000193.
  13. ↑ « Sur les bancs de Colombes », rubrique « En direct du passé », Mosaïque n° 20, septembre 2010, p. 34.
  14. ↑ 14,0 et 14,1 « L'ordination de saint Augustin », rubrique Mémoires, Colombes Actus n° 1, avril 2026, p. 38-39.
  15. ↑ Rubrique « En direct du passé », Mosaïque n° 25, mars 2011, p. 36.
  16. ↑ 16,0 16,1 16,2 16,3 16,4 et 16,5 « Jean Lefèvre, ardent défenseur du patrimoine », rubrique Mémoires, Colombes Actus n° 2, mai 2026, p. 36-37 (avec l'encadré « Le clocher en six dates »).
  17. ↑ « Marcelle Devaud, première femme maire à diriger Colombes, née il y a 110 ans », rubrique Histoires vécues, Colombes le Mag n° 36, mars 2018, p. 45.
  18. ↑ 18,00 18,01 18,02 18,03 18,04 18,05 18,06 18,07 18,08 18,09 18,10 18,11 et 18,12 « Visite de Saint Pierre Saint Paul », site de la paroisse catholique de Colombes, 13 septembre 2010 (archive du 1er octobre 2015). Sources indiquées : la plaquette de la Ville St Pierre St Paul, la nouvelle église de Colombes et, pour l'orgue, les études du facteur Philippe Petitdemange.
  19. ↑ « L'ancienne église Saint-Pierre Saint-Paul de Colombes », site d'histoire locale Colombes notre Ville (multicollection.fr).
  20. ↑ « Le vitrail de l'ancienne église retrouve son éclat », Colombes le Mag n° 4, décembre 2014-janvier 2015, p. 7.
  21. ↑ 21,0 21,1 et 21,2 « Le Vieux Clocher retrouve sa luminosité », Colombes le Mag n° 55, février 2020, p. 6.
  22. ↑ Mosaïque n° 16, avril 2010, p. 26.
  23. ↑ « Le vieux clocher désormais habillé », Mosaïque n° 18, juin 2010, p. 17.
  24. ↑ « Le passé d'une église », Mosaïque n° 24, février 2011, p. 13.
  25. ↑ Colombes le Mag n° 8, mai 2015, p. 26.
  26. ↑ Colombes le Mag n° 23, novembre 2016, p. 32.
  27. ↑ « Un projet audacieux et poétique pour sauvegarder l'ancien clocher de Colombes », Colombes le Mag n° 28, mai 2017, p. 24-25.
  28. ↑ Éditorial du maire, Colombes le Mag n° 34, décembre 2017-janvier 2018, p. 5.
  29. ↑ Colombes le Mag n° 40, juillet-août 2018, p. 35.
  30. ↑ Colombes le Mag n° 26, mars 2017, p. 17.
  31. ↑ 31,0 et 31,1 Programme des Journées européennes du patrimoine du 18 au 20 septembre 2026, Ville de Colombes, p. 2-3.
  32. ↑ « Inauguration de la place Jean Lefèvre », rubrique « Retour en images », Colombes Actus n° 6, octobre 2026, p. 11.
  33. ↑ 33,0 33,1 33,2 33,3 et 33,4 Livret du patrimoine de Colombes, annexe du plan local d'urbanisme intercommunal de Boucle Nord de Seine, 26 juin 2025, p. 14 (COL_010), Géoportail de l'urbanisme.
  34. ↑ 34,0 34,1 et 34,2 Rubrique « Vous nous l'avez demandé », Vivre à Colombes n° 38, novembre 2024, p. 7.
  35. ↑ 35,0 et 35,1 Site de l'association Colombes.Orgue : accueil, « L'état des lieux » et « Le projet de reconstruction », consultés en octobre 2026.
  36. ↑ Ordre du jour du conseil municipal du 16 février 2023, point n° 17 : « Demande de labellisation Patrimoine d'Intérêt Régional de l'église Saint-Pierre/Saint-Paul et de son mobilier, vitraux et orgue ».
  37. ↑ 37,0 et 37,1 « Journées européennes du patrimoine », Vivre à Colombes n° 36, septembre 2024, p. 38.
  38. ↑ Avis de création de l'association « Colombes.Orgue – Reconstruisons l'orgue de Saint-Pierre Saint-Paul », Journal officiel, 1er décembre 2020.
  39. ↑ 39,0 et 39,1 Vivre à Colombes n° 41, mars 2025, p. 38.
  40. ↑ Délibération n° 25 du conseil municipal du 17 avril 2026 (actualisation de l'autorisation de programme n° 2501) ; délibération n° 10 du conseil municipal du 22 septembre 2026 (clôture de l'autorisation de programme) ; débat résumé sur la page Conseil Municipal/22 septembre 2026.
  41. ↑ Mosaïque n° 32, novembre 2011, p. 32.
  42. ↑ Mosaïque n° 37, mai 2012, p. 11.
  43. ↑ Vivre à Colombes n° 11, mars 2022, p. 38.
  44. ↑ Colombes Actus n° 2, mai 2026, p. 33.
  45. ↑ Mosaïque n° 8, juin 2009, p. 11.
  46. ↑ Colombes le Mag n° 29, juin 2017, p. 38.
  47. ↑ Colombes le Mag n° 22, octobre 2016, p. 27.
  48. ↑ Vivre à Colombes n° 41, mars 2025, p. 33.